La France craint pour ses intérêts économiques au Maroc

COUP DE FROID DANS LES RELATIONS ENTRE PARIS ET RABAT

La relation n’est pas au beau fixe entre les deux proches alliés. Elle traverse une période de perturbations. A l’origine, la France semble perdre pour longtemps son statut de partenaire économique et commercial du royaume.

Est-ce la fin de la lune de miel entre le Maroc et la France ? La relation entre le Maroc et la France a toujours été stratégique. Jusqu’à un passé récent, il n’est pas beaucoup de domaines où la France n’est pas le « premier partenaire » du Maroc : Politique, économique, stratégique, culturel, académique et humain… Mais un coup de froid semble régner sur cette relation qualifiée d’exception depuis quelque temps.

L’État français craint vraiment pour ses intérêts économiques au Maroc. L’Hexagone a peur de plus en plus pour sa position économique inégalable au Maroc. Le marché du prolongement des lignes à grande vitesse devrait être lancé bientôt avec dans un premier temps le tracé Casablanca-Marrakech. Ce que Paris considère comme sa chasse gardée est sérieusement convoité par les Chinois. En outre, la France regarde avec beaucoup de mécontentement les marchés de transport urbain public qui lui échappent d’entre les doigts l’un après l’autre. Après Marrakech, Tanger, Agadir et Khouribga, c’est au tour de l’agglomération Rabat-Salé-Kénitra et Casablanca de tomber dans l’escarcelle de l’opérateur espagnol ALSA, qui a supplanté la RATP. Des marchés juteux qui échappent à la France.

L’inquiétude monte d’un cran quand on sait que la France, partenaire commercial historique du Royaume, a été supplantée par l´Espagne devenue premier partenaire commercial du Maroc depuis 2012, c´est-à-dire son premier client et son premier fournisseur. Et ce n’est pas fini. La France, qui a toujours été le premier investisseur étranger au Maroc, a quitté le perchoir. Aussi étonnant que cela puisse paraître, l’Irlande devient 1er investisseur étranger au Maroc avec 20,4% du total des entrées en 2018 contre seulement 10,1% en 2017. Ce bond gigantesque a été constaté face à une chute impressionnante des investissements français, passant de 22,5% en 2017 à 17,1% en 2018, selon le rapport économique et financier accompagnant le projet de loi de finances 2020.

Entre les deux pays, les coups de froid diplomatiques n’ont jamais eu de répercussions sur les relations économiques et commerciales. Une exception qui légitimise les craintes de Paris.


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