La France et nous, un destin commun

Sahara, coopération économique…

Il est légitime de s’interroger sur le futur des relations maroco-françaises au vu des blocages attendus au niveau de l’Assemblée nationale dans l’Hexagone. Heureusement que sur le plan politique, les décisions sont prises par le chef de l’Etat.

Politiquement, la France avance dans l’inconnu depuis l’annonce des résultats du second tour des élections législatives, dimanche 19 juin 2022. Sans majorité absolue à l’Assemblée nationale, le président français Emmanuel Macron fait face à un séisme politique sans précédent. Il aura vraiment du mal à gouverner et à faire passer les réformes promises, deux mois seulement après sa réélection comme chef de l’État. Les blocages au niveau de l’Assemblée générale seront légion avec la nouvelle répartition des sièges issue des urnes.

Aussi, la tâche de M. Macron ne sera pas facile avec à ses côtés Élisabeth Borne, un Premier ministre apolitique et qui plus est ne jouit pas d’un capital confiance et sympathie auprès de la classe politique française. Plusieurs personnalités politiques n’ont pas hésité à appeler le chef de l’État à changer de Premier ministre et de gouvernement et à entendre la voix des Français sur la sécurité, le pouvoir d’achat... C’est dire que M. Macron sera beaucoup plus occupé par la gestion du pays que par les relations extérieures de la France.

En tout cas, le bilan de son premier mandat montre que le président de la septième puissance économique au monde et la deuxième en Europe a consacré ses efforts à la fortification de l’Union européenne, alliée inconditionnelle des Etats-Unis. Cela au moment même où les relations avec les pays du Maghreb ont connu des hauts et des bas. Plus de bas que de hauts. Celles avec le Maroc, en particulier, ont été tièdes, pour ne pas dire froides, alors qu’elles étaient, jusqu’à un passé récent, exceptionnelles. Sur un plan économique, la France a toujours été le premier partenaire économique et commercial. Puis, elle a cédé sa place à l’Espagne depuis sept ans. Une dégringolade qui s’est confirmée dès l’élection d’Emmanuel Macron.

En vérité, les investissements dans le domaine du transport, de l’aéronautique et de l’automobile se sont poursuivis. Mais pas avec la même cadence et le même volume. Ils ont connu, à vrai dire, une baisse de régime. Les autres pays du Maghreb n’ont pas été mieux lotis. Bien au contraire, le gros des investissements et des financements était, inévitablement, orienté vers le Royaume. Aujourd’hui, il est légitime de s’interroger sur le futur de ces relations économiques. Seront-elles hypothéquées par les blocages attendus et fort prévisibles au niveau de l’Assemblée nationale et par un probable remaniement gouvernemental qui verra l’arrivée de partis politiques connus pour leur politique anti- marocaine?

Sous un autre angle, le quiproquo né du rapatriement des mineurs marocains, la consigne (ou plutôt la punition qui a ciblé aussi l’Algérie et la Tunisie) visant à réduire de moitié les visas Schengen délivrés aux Marocains ou encore l’affaire Pegasus ont enclenché un certain gel dans les relations diplomatiques.

Toutes choses étant égales par ailleurs, la France a historiquement soutenu le Maroc dans le dossier du Sahara marocain. Pour l’Hexagone, l’initiative marocaine d’autonomie est “une” solution sérieuse et crédible pour un règlement définitif du différend. Elle n’a pas emboîté le pas à l’Espagne et à l’Allemagne, qui ont considéré l’autonomie comme “la base” la plus sérieuse et la plus crédible. Le plus important, c’est que la position de la France au sujet de la cause nationale du Maroc est restée inchangée. Heureusement qu’à ce niveau, les décisions sont prises par le chef de l’Etat français. Une chose est sûre, rien ne changera concernant l’appui au règlement politique et pacifique à un conflit fomenté et entretenu par la junte militaire algérienne.