La France face au boycott du monde musulman

Le maroc dénonce des "provocations injurieuses des sacralités" de l'islam

Les déclarations de M. Macron surviennent un mois après l’ouverture du procès des attentats de 2015 ayant ciblé Charlie Hebdo, célébrée par le journal dans son numéro du 20 septembre 2020, titré “Tout ça pour ça”, qui reproduit les mêmes caricatures !

Décidément, le Maroc ne pouvait être en reste de cette vague d’indignation de par le monde en réaction aux propos tenus par le Président français Emmanuel Macron lors de l’hommage à Samuel Paty, rendu mercredi 22 octobre 2020 au professeur décapité vendredi 16 octobre dans la région parisienne, pour avoir montré à ses élèves deux caricatures du Prophète Sidna Mohammed publiées par le journal satirique Charlie Hebdo en 2015, en déclarant qu’il est engagé à «ne pas renoncer» à la publication de telles caricatures, au nom de la liberté d’expression.

Le Royaume, pays dont la religion d’Etat est l’Islam, principe consacré par la Constitution, a vigoureusement condamné, dimanche 25 octobre 2020, la poursuite de la publication des caricatures outrageuses à l’Islam et au Prophète, sans faire allusion aux propos du président Macron. Un communiqué du ministère des Affaires étrangères indique que le Maroc dénonce ces actes qui «reflètent l’immaturité de leurs auteurs», et réaffirme que «la liberté des uns s’arrête là où commencent la liberté et les croyances des autres». «La liberté d’expression ne saurait, sous aucun motif, justifier la provocation insultante et l’offense injurieuse de la religion musulmane qui compte plus de deux milliards de fidèles dans le monde», souligne le communiqué.

Appel au boycott
Comme il fallait s’y attendre, cette provocation française a fait naître des réactions fortes de certains chefs d’État (la Turquie, l’Iran, la Jordanie, le Koweït…) ainsi que des appels à manifestation et au boycott des produits français, suite à ce soutien franc apporté par Macron à la publication de dessins offensants jugés à l’Islam. «Sauf le Prophète Mohamed» est le slogan scandé en choeur par des manifestants musulmans de France où les propos de Macron ont encouragé la projection des dites caricatures sur les façades de bâtiments publics.

L’appel populaire au boycott, via les réseaux sociaux, des produits français a été contagieux et a pris une dimension presque planétaire. Une sorte de «sanction» ou de riposte à la France officielle qui semble faire déjà son effet. En effet, le ministère français des Affaires étrangères a appelé, dimanche 25 octobre, sur un ton jugé arrogant, les gouvernements des pays concernés à faire «cesser» les appels au boycott de produits français et à manifester, provenant d’une «minorité radicale», leur demandant aussi d’«assurer la sécurité» des Français vivant sur leur sol. «Les appels au boycott sont sans aucun objet et doivent cesser immédiatement, de même que toutes les attaques dirigées contre notre pays, instrumentalisées par une minorité radicale », lit-on dans le communiqué.

C’est dire que quand il s’agit d’outrager les musulmans du monde, c’est une liberté d’expression. Et quand il s’agit d’appeler au boycott de certains produits, c’est du radicalisme et du non-sens. Pour l’histoire, les déclarations outrageuses de M. Macron surviennent un mois après l’ouverture du procès des attentats de janvier 2015 ayant ciblé le siège de Charlie Hebdo, célébrée par le journal en reproduisant les mêmes caricatures dans son numéro du 20 septembre 2020 sous le titre «Tout ça pour ça» !.


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