France-Algérie: Le général Chengriha à Paris pour faire saliver l’industrie de l’armement française


En attendant Abdelmadjid Tebboune, annoncé pour une visite d’État dans le courant de cette année 2023, la France accueille d’ores et déjà le chef d’état-major de l’armée algérienne, à savoir le général Saïd Chengriha. Ou, diront sans doute les mauvaises langues, le véritable président de la voisine de l’Est avant son lieutenant. Arrivé le 23 janvier 2023 à Paris à l’invitation de son homologue français Thierry Burkhard, M. Chengriha se trouve dans la capitale française dans le cadre du rapprochement opéré entre l’Algérie et la France depuis l’élection du président Emmanuel Macron à la tête du pays européen. Et également, selon différentes sources médiatiques, afin de finaliser de nouveaux achats d’armements par le moyen desquels la junte militaire au pouvoir dans la voisine de l’Est semble vouloir acheter pour de bon son “ennemie éternelle”, comme la qualifiait l’ancien ministre du Travail algérien, El Hachemi Djaâboub, en avril 2021. 

Ainsi, il semble que l’industrie de l’armement française ambitionnerait de s’accaparer une partie des milliards de dollars d’investissement que l’armée algérienne prévoit d’effectuer au cours des années à venir, y compris 23 milliards dès cette année 2023 au titre de la loi des finances que le parlement algérien avait adopté le 8 décembre 2022. Et au-delà de l’armement, la France semble également vouloir compter sur l’Algérie dans l’exécution de sa politique militaire au Sahel, d’autant plus que la Constitution algérienne autorise ouvertement depuis le changement de novembre 2020 l’armée à intervenir à l’étranger: rappelons notamment que M. Macron avait appelé de ses voeux, en février 2021, à ce que l’Algérie prenne le relais de l’opération Barkhane, à laquelle le président français avait officiellement mis fin en novembre 2022, et ce dernier avait également, à la même occasion, lancé un appel dans le même sens au Maroc, sans que la partie marocaine n’y donne, aux dernières nouvelles. suite. 

Au passage, le Royaume doit sans doute suivre avec beaucoup d’attention la visite deM. Chengriha, dans la mesure où si achat d’armements français il y a effectivement, il ne pourrait viser que le Maroc car c’est le seul pays du voisinage algérien avec lequel l’Algérie se trouve en conflit. En tout état de cause, les signaux envoyés par le complexe militaro-industriel français à l’égard du Maroc ne laisse aucunement augurer une potentielle détente politique avec la France, dans un contexte de refroidissement clair dû essentiellement à l’ambiguïté de M. Macron en ce qui s’agit de la souveraineté du Maroc sur son Sahara l

 

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