Former à l'éthique, une priorité pour lutter contre la corruption

Wébinaire de la Fondation Attijariwafa Bank

La confiance et la capacité de l’État à lutter contre la corruption sont deux facteurs qui rassurent les investisseurs

“Gouvernance, éthique et environnement des affaires: les clés d’une croissance pérenne et inclusive”, tel est le thème de la conférence digitale organisée par la Fondation Attijariwafa bank dans le cadre de son cycle «Échanger pour mieux comprendre», le Jeudi 25 novembre à 18 heures, en Live streaming sur Youtube et Facebook Live. Cette rencontre a été animée respectivement par Yassir Chokairi, directeur du pôle Partenariat et Développement de l’INPPLC, Karim Tazi, PDG de Marwa et président de la Commission Environnement des affaires de la CGEM, Tariq Fadli, PDG de ALGO Consulting Group, et Daoud Salmouni- Zarhouni, juriste, avocat au Barreau de Paris. La modération de cette conférence de haute tenue a été confiée à Sara Rami, journaliste radio.

De cette rencontre animée avec brio par notre confrère de la radio, il en ressort, en substance, que si la répression s’impose autant que la sensibilisation et la prévention pour lutter contre la corruption et ses dérives, il n’en reste pas moins important que l’éducation reste la priorité absolue. Aussi, tout doit être fait pour inciter à ce changement de comportement, nous dit Yassir Chokairi, directeur du pôle partenariat et développement de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC).

Le nerf de la guerre, c’est la compétence, c’est le facteur humain, souligne, à juste titre, M. Salmouni-Zarhouni, juriste, qui n’a pas manqué lui aussi de souligner l’importance de l’éthique dans ce processus. «Dans l’éthique, il y a le facteur compétences», note-t-il. Et d’expliquer que «si nous avons des fonctionnaires compétents, des magistrats formés et compétents, c’est déjà un premier frein à la corruption». L’autre élément important est la transparence notamment à travers la communication des décisions administratives et judiciaires en lien avec la corruption. «Si les citoyens ont facilement accès à ces décisions, ils pourront exercer un pouvoir réel de contrôle pour la lutte contre la corruption. Ce pouvoir-là est à mon avis plus fort qu’un contrôle judiciaire», insiste le juriste.

Preneurs de décisions
Un autre nerf de la guerre, c’est l’accès à l’information et l’usage de la data pour de meilleurs services en matière de marchés publics, nous rappelle, également, Tariq Fadli. Enfin, pour rendre l’acte d’investir plus attractif, il faut un environnement des affaires où règne non seulement la cohérence et la transparence mais aussi la confiance, souligne, à son tour, et avec force Karim Tazi, le président de la Commission Environnement des affaires de la CGEM.

Car, sans confiance on ne peut développer un climat des affaires serein et attractif. Pour Yassir Chokairi, la confiance et la capacité de l’État à lutter contre la corruption sont deux facteurs qui rassurent les investisseurs. «Le Maroc a commencé, depuis plus de deux décennies maintenant, à investir dans le chantier de la lutte contre la corruption qui jusqu’à lors était un sujet tabou. C’est une avancée dont il faut se féliciter, mais il nous faut renforcer ces efforts», note-t-il. Et de souligner que le défi était d’abord d’en finir avec l’idée que la corruption servait les milieux des affaires dans le sens où cela permet d’accélérer certaines procédures et de «briser la bureaucratie».