Croire, malgré les difficultés, que nous pouvons être l’espoir de notre pays

Chronique d'Elmahdi Benabdeljalil : « Folles sagesses »


J’ai le sentiment, cette semaine, que l’univers m’a entendu. Certains signes et échos provenant des zones sinistrées ont un peu apaisé mon sentiment de colère de la semaine dernière, et mon environnement (entreprises rencontrées, amis,…) m’a clairement indiqué qu’il était à la hauteur.

Jeudi 23 novembre 2023, 16h59. Cette semaine j’écris dans un café à Casablanca. Cela fait maintenant plus de deux mois que cette aventure auprès de quelques villages sinistrés dans le Sud après le tremblement de terre du 8 septembre a commencé, et par la grâce de Dieu, avance, tant bien que mal.

Première chose, nous allons pouvoir apporter du réconfort à davantage de villages après le projet pilote que notre association, Amal Biladi, a réalisé avec l’Art de vivre et l’Association internationale des valeurs humaines. Nous allons bientôt pouvoir programmer une session pour 150 à 200 bénéficiaires, en intégrant aussi quelques dizaines d’enfants, et bien évidemment des séances individuelles avec des psychologues et psycho praticiens. Je pense humblement que cette action devrait être érigée en priorité pour l’ensemble des villages impactés par le séisme, et nous allons tenter, à notre humble niveau, de pouvoir élargir cette action à un maximum de bénéficiaires. Si on peut permettre à autant de personnes que possible d’évacuer des émotions difficiles et de pouvoir leur apporter, probablement pour la première fois de leur vie une écoute bienveillante, ce sera en soi quelque chose de beau et salutaire pour elles.

Le second cadeau que nous avons reçu c’est la possibilité de permettre à quelques foyers de plus de bénéficier d’un habitat temporaire plus approprié que la tente, et ce sera effectivement le cas dans la province d’Al-Haouz, avec notre partenaire l’Arbre de vie, qui effectue un travail considérable au profit du douar Aït Bourd et de quelques douars satellites. Je suis ravi à l’idée que notre association Amal Biladi va pouvoir financer une dizaine de nouayels conçues par Elie Moyal, en espérant que le nombre de bénéficiaires va pouvoir augmenter significativement. L’hiver approche, et avec lui, les pluies, la neige, et les difficultés que nous avons l’habitude d’entendre de loin, bien au chaud dans nos maisons de citadins; nous ne pouvons continuer à ne pas entendre ces cris muets qui viennent de loin, et devons agir, et vite.

J’ai aussi pu rejoindre un de mes amis d’enfance, Khalid, qui m’a permis de retrouver un autre ami, Ilyas, et grâce à eux rencontrer une dizaine de quarantenaires, entrepreneurs et cadres dirigeants. J’ai pu vivre un bon et long moment de partage et d’échanges, avec des personnes pleines de sens, d’empathie et de compassion sincère pour mon engagement. J’ai pu présenter mon livre, « Folles sagesses », qu’elles ont acquis, et le travail de notre association Amal Biladi. C’était bon de pouvoir prendre un moment de mon temps pour le consacrer à mon humble personne et profiter de cette sincérité collective. Ces moments font du bien, et cela faisait un gros bout de temps que je n’avais pas eu l’occasion de penser à moi. J’ai eu besoin de plus de deux mois pour me permettre de commencer à me rappeler que je faisais aussi partie de l’équation et que j’avais le droit de profiter un peu du temps.

« Folles sagesses » a pu être mis à l’honneur lors de deux autres moments, notamment avec le club Casablanca Mers Sultan de l’association Inner Wheel, à l’ISCAE Casablanca, et, aujourd’hui, lors d’un événement organisé par la Fondation Attijariwafa Bank. La fondation m’a fait l’honneur de prendre quelques dizaines d’exemplaires, que j’ai eu le plaisir de dédicacer à des cadres qui ont effectué un beau parcours dans un projet lié à l’innovation.

Je suis très fier de pouvoir montrer, jour après jour, que cette idée folle de produit culturel solidaire, a fortiori sa première étape, mon livre, pouvait contribuer au financement d’actions pour l’accompagnement au développement de villages. « Folles sagesses » me permet jusqu’à présent, grâce à la générosité des acheteurs, lecteurs solidaires, de financer une mission d’évaluation dans le Sud et pourra aussi par la suite contribuer à d’autres actions incha Allah. J’ai hâte de pouvoir aussi intégrer ma conférence « Wild Man Show », qui devrait voir le jour grâce à des étudiants de l’ISCAE, à la fin de l’année; je reviendrai sur ce sujet lors d’une prochaine chronique.

J’aimerais enfin finir cette chronique en partageant un témoignage qui m’a fait particulièrement plaisir. J’ai pu, grâce à deux personnes amies, rencontrer une grande dame et très belle âme, très appréciée dans le monde de la culture pour ses actions et prises de position. Je parle de Stéphanie Gaou, propriétaire de la librairie galerie Les Insolites à Tanger, dont l’amour pour l’art et la culture est connu de tous les amoureux de cet univers essentiel à notre équilibre et notre épanouissement. Stéphanie m’a acheté quelques exemplaires à titre personnel et a accepté de référencer « Folles sagesses » dans sa librairie sans prendre de pourcentage de rétribution. Elle va également me faire le plaisir et l’honneur de m’inviter bientôt pour une séance d’échange et de signature. Stéphanie a pu prendre le temps de lire « Folles sagesses », et je vais finir par ce qu’elle a partagé il y a deux jours à ce sujet:


« Voilà un titre qui me parle! Parce que rien de grand ne se fait sans une once de folie et rien de fou ne se fait sans une part de raison.

« Elmahdi Benabdeljalil pourrait inquiéter celles et ceux qui ne croient pas aux anges, il pourrait faire douter les sceptiques (dont je fais souvent partie), mais il suffit de lire son récit pour comprendre que sa sincérité est plus forte que tout et qu’elle est le moteur de ses actions.

« Son livre, c’est l’histoire d’un constat: les zones rurales au Maroc regorgent de potentiels humains, et ces potentiels sont ignorés et mis sur le bas-côté de la vie économique et sociale. Quand ils ne sont tout simplement pas oubliés. Or, ces potentiels sont fondamentaux pour construire une nation constituée de citoyens.

« C’est aussi l’histoire d’un homme (l’auteur) habité par des rêves plus grands que lui, qui sent que pour sauver son âme, il faut en passer par le « soin » prodigué aux autres.

« C’est une association montée de manière empirique avec beaucoup d’âmes soeurs qui partagent la même vision, c’est un chemin semé d’embûches, c’est une foi sans bornes (en Dieu, et également en l’humain), c’est un parcours personnel tâtonnant, c’est un désir: celui de se rendre vivant pour le pays et les gens qu’on aime.

« Grâce aux ventes de ce livre (entre autres), Elmahdi Benabdeljalil pourra, avec son association, continuer ses actions sur le territoire du Nord et du Sud pour quelques villages (notamment, depuis le séisme du 8 septembre 2023), accompagner psychologiquement, avec une cellule de spécialistes, les victimes des zones les plus touchées, et tenter de laisser pour 2 villages des projets porteurs d’espoir.

« Stéphanie Gaou, propriétaire de la librairie les Insolites à Tanger (20/11/2023) ».

Heureusement qu’il y a des personnes exceptionnelles dans notre pays; elles permettent de prendre du recul par rapport à certaines choses et de croire, malgré les difficultés, que nous pouvons être l’espoir de notre pays.

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