Le FMI redoute le scénario du pire

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES MONDIALES 2021-2022

L’institution financière mondiale table sur des perspectives économiques moroses à l’horizon 2022, empêchant, à moyen terme, tout rebond économique véritable.

L’économie mondiale reste plus que jamais à la merci de la pandémie du coronavirus. La récession va être moins sévère que prévu en 2020 dans beaucoup de pays avancés, mais la reprise s’essouffle déjà, a prévenu, le mardi 13 octobre 2020, le Fonds monétaire international (FMI).

En publiant ses nouvelles prévisions de croissance, l’institution multilatérale qui a légèrement corrigé à la hausse ses chiffres pour l’année en cours s’attend, néanmoins, à ce que la croissance mondiale soit durablement faible dans les années à venir. Gita Gopinath, l’économiste en chef du Fonds se montre, d’ailleurs, très réservée sur le caractère durable de la reprise économique qui se dessine. Pour elle, «l’ascension sera probablement longue, inégale et incertaine».

Le FMI table désormais sur une contraction du Produit intérieur brut (PIB) mondial de 4,4% cette année contre 5,2% estimé en juin. La révision pour cette année reflète des données économiques meilleures que prévu enregistrées au deuxième trimestre, principalement dans les pays avancées, Europe et Etats-Unis, mais aussi en Chine. Toutes les régions du monde sont concernées par cette amélioration exception faite des économies émergentes et en développement, dont la prévision a été abaissée de 0,2 point à (-3,3%).

Soutien au revenu
Pour l’année prochaine, l’institution multilatérale prévoit bien un rebond, estimé à 3,9 %. Mais il sera moins élevé que prévu. Cette crise, souligne Gita Gopinath, laissera probablement des cicatrices à moyen terme, car les marchés du travail mettront du temps à se redresser. L’investissement est freiné par l’incertitude et les problèmes de bilan des entreprises. «Après le rebond de 2021, la croissance mondiale devrait progressivement ralentir pour atteindre environ 3,5 % à moyen terme», prédit-elle.

Face à ce choc pandémique sans précédent, et malgré leur importance, les mesures de soutien budgétaire et monétaire, prises au niveau de chaque pays, restent insuffisantes. Ce qui n’empêche nullement les gouvernements à devoir «continuer de fournir un soutien au revenu grâce à des transferts monétaires bien ciblés, des subventions salariales et une assurance-chômage », souligne Gita Gopinath, pour qui, «les entreprises vulnérables mais viables devraient continuer à recevoir un soutien». Sans oublier que «les politiques publiques devraient faciliter la réaffectation des salariés des secteurs en difficulté à long terme (tourisme, voyages) vers des secteurs en croissance (commerce électronique)».

Enfin, l’économiste en chef du FMI insiste, par dessus tout, sur le fait qu’une plus grande collaboration internationale est nécessaire pour mettre fin à cette crise sanitaire. Certes, d’énormes progrès sont réalisés dans la mise au point de tests, de traitements et de vaccins, «mais ce n’est que si les pays travaillent en étroite collaboration qu’il y aura une production suffisante et une distribution généralisée dans toutes les régions du monde».


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