Le FMI main dans la main avec le Maroc

FINANCES PUBLIQUES

Après avoir récemment estimé la croissance du Royaume au cours de l’année 2021 à 4,5%, l’institution de Bretton Woods s’est engagée à poursuivre son appui aux autorités marocaines.

Le Fonds monétaire international (FMI) va continuer de se tenir aux côtés du Maroc. C’est ce qu’a, en tout cas, promis sa directrice générale, Kristalina Georgieva, au cours des entretiens virtuels qu’elle a eus dans la journée du vendredi 16 avril 2021 avec le ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Benchaâboun, et le wali de Bank Al-Maghrib (BAM), Abdellatif Jouahri.

Il faut dire que le management de l’institution de Bretton Woods est plus que satisfait de la gestion financière faite par les autorités marocaines de la pandémie de Covid-19 qui frappe le monde depuis le tournant de l’année 2020; gestion qui a limité le déficit public du Royaume à 7,5% seulement du produit intérieur brut (PIB), et ce en dépit de la récession.

Tout comme l’optimisme semble de mise pour la suite, surtout que le Maroc mène depuis le 28 janvier 2021 une large campagne de vaccination qui a déjà permis d’immuniser quelque 4 millions de personnes et qui aurait sans doute pu enregistrer des résultats autrement significatifs n’était le refus désormais patent des pays producteurs de vaccin d’exporter les doses qu’ils ont en leur possession -on peut notamment citer, à cet égard, le cas de l’Inde.

Cette campagne de vaccination, dont s’est, soit dit en passant, félicitée Mme Georgieva pendant ses échanges avec MM. Benchaâboun et Jouahri, fait ainsi que l’immunité de groupe ne semble plus être un lointain mirage et qu’il devient de plus en plus imaginable de voir bientôt l’économie nationale ne plus devoir être régulièrement confinée et enfin retrouver ses couleurs d’avant.

Besoins spécifiques
Le FMI se montre, quoi qu’il en soit, confiant, et il vient d’ailleurs d’estimer dans un rapport publié le 6 avril 2021 sur les perspectives de l’économie mondiale que le Maroc pourrait connaître une croissance de 4,5%. Ce qui équivaut à peu près à l’hypothèse de 4,8% retenue par le gouvernement Saâd Eddine El Othmani dans son projet de loi des finances (PLF). Mais le FMI se devra de tenir parole et maintenir donc son soutien au Maroc.

Le fonds avait notamment, par le biais de la ligne de précaution et de liquidité (LPL) de 2,97 milliards de dollars sur laquelle le gouvernement El Othmani avait tiré le 7 avril 2020, appuyé aussi bien financièrement que techniquement le Royaume, et face à Mme Georgieva, M. Benchaâboun s’est montré d’avis que soient mises “en place des initiatives dédiées aux pays à revenu intermédiaire (...) afin de répondre à leurs besoins spécifiques dans le contexte de la crise actuelle”.

Le Maroc en serait, naturellement, bénéficiaire. Comme gage, M. Jouahri a, pour sa part, mis l’accent sur la poursuite des réformes entamées au cours de la dernière décennie dans les secteurs qu’il a qualifiés de “prioritaires” que sont la finance verte, les partenariats public-privé, l’inclusion financière et la digitalisation. Il n’a, par contre, fait aucune référence à l’élargissement de la bande de fluctuation du dirham, au sujet duquel il avait déclaré le 24 mars 2021 que le temps n’était pas opportun.

Pour rappel, le Maroc avait remboursé le 21 décembre 2020, et ce de sa propre initiative, un tiers de la LPL contractée auprès du FMI, décision que des représentants du fonds avait plus tard qualifiée de “judicieuse”. Et M. Jouahri s’était clairement positionné, le 22 septembre 2020 en conférence de presse, contre une nouvelle LPL, “le contexte actuel n’[étant]”, selon lui, “pas propice”.