Le FMI accorde 1,3 milliard de dollars au Maroc. Un financement pour affronter les effets du changement climatique


C’est un prêt supplémentaire d’environ 13 milliards de dirhams que vient d’accorder le FMI au Maroc. Étalé sur 18 mois, le prêt vise à aider le Royaume à renforcer ses capacités de résistance face au changement climatique et aux catastrophes naturelles.

Quelques semaines après le violent séisme qui a frappé la région d’Al-Haouz en faisant environ 3.000 morts et plus de 5.000 blessés, les institutions financières internationales volent au secours du Royaume pour apporter les financements nécessaires afin de faire face à la période post-catastrophe. Le Fonds monétaire international (FMI) a été parmi les premiers bailleurs de fonds internationaux à annoncer son soutien financier au Maroc. Bien que non destiné spécifiquement aux effets du séisme, le financement d’une valeur de 1,3 milliard de dollars, soit quelque 13 milliards de dirhams (MMDH), est accordé au titre de la facilité pour la résilience et de la durabilité. Étalé sur 18 mois, le prêt vise à soutenir la transition du Maroc vers une économie plus verte et contribuer à renforcer sa préparation et sa résilience face aux catastrophes naturelles. Le FMI cite également son ambition d’aider le Royaume à saisir les opportunités de la décarbonation. Ce nouvel accord aidera ainsi le Maroc à stimuler les investissements dans les énergies renouvelables, à accroître l’efficacité énergétique, à renforcer la stabilité extérieure du Maroc en réduisant sa dépendance à l’égard des importations d’énergie et en aidant à attirer les investissements directs étrangers.


Risque majeur
Ce financement entre dans le cadre de l’ouverture d’une ligne de crédit de 5 milliards de dollars accordée au Royaume en avril 2023, une approche offerte par le FMI qui permet aux pays d’accéder rapidement aux ressources du fonds, sans conditionnalité à posteriori. Il faut dire que le changement climatique fait partie des défis majeurs qui se posent à la communauté internationale.
Cité par plusieurs médias nationaux et étrangers, le directeur général adjoint du FMI, Kenji Okamura, estime que le changement climatique représente un risque majeur pour le développement socioéconomique du Royaume.

Confronté depuis de nombreuses années à la pénurie d’eau conséquente à une sécheresse endémique, le Maroc court sérieusement le risque d’une instabilité macroéconomique avec des effets particulièrement néfastes sur l’agriculture et la sécurité alimentaire du pays. Et le dernier séisme qui a frappé la région d’Al-Haouz, considéré comme l’un des plus meurtriers dans l’histoire récente du Royaume, est venu amplifier sa crise socioéconomique avec des horizons plus ou moins incertains pour l’avenir. Pour beaucoup, le prêt du FMI va certes permettre au Maroc de soulager ses difficultés financières vu les circonstances pénibles qu’il vit depuis le tremblement de terre, mais revers de la médaille, ce financement va aggraver son endettement. Le Maroc est, en effet, l’un des pays africains les plus endettés et avait déjà bénéficié d’une ligne de crédit, dans le cadre de la «ligne de précaution et de liquidité» cette fois, de 3 milliards de dollars, qui a été notamment utilisée pour atténuer le choc provoqué par la pandémie de Covid-19, en 2020. Et ce financement récent de 1,3 milliard de dollars dont les conditions de remboursement n’ont pas été révélées ne va pas arranger les choses sur le plan financier.

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