La marine marchande au centre du modèle de développement national

La flotte maritime marocaine à l’épreuve de la modernisation

Alors que le Maroc renforce ses infrastructures portuaires et multiplie les initiatives le plaçant au coeur des enjeux commerciaux et internationaux, la modernisation de la marine marchande du royaume reste un défi à relever


L’initiative royale destinée à favoriser l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique, initiée par le roi Mohammed VI, dont les réunions se sont tenues à Marrakech, samedi 23 décembre 2023, en présence des ministres des affaires étrangères du Maroc, du Mali, du Burkina-Faso, du Tchad ainsi que le Niger, projette le royaume comme prochaine puissance maritime régionale de premier plan. La Marine marchande marocaine est-elle cependant adaptée aux nouvelles prétentions maritimes nationales ?

Avec ses deux façades maritimes, le Maroc dispose tout au long de ses côtes atlantique et méditerranéenne de 43 ports, dont 14 ouverts au commerce international. Ils assurent environ 96% des échanges du royaume avec l’extérieur et constituent, de ce fait, le point de passage de la quasi-totalité des échanges du pays, tant pour l’importation qu’à l’exportation.

Création d’emplois
La marine marchande représente un maillon incontournable dans la chaîne logistique nationale. Selon le HCP, le secteur contribue directement à hauteur de 15% du (PIB) national, avec près de 200 milliards de dirhams de valeur ajoutée pour le seul transport maritime de marchandises et des passagers. En plus de cette contribution directe aux richesses produites par le pays, l’activité portuaire joue également un rôle déterminant dans le développement des échanges internationaux du Maroc. En termes de création d’emplois, le secteur du transport et de l’entreposage a créé, en 2022, plus de 25 000 postes, soit 15% dans le secteur des services, selon une source contactée par Maroc Hebdo au sein du ministère de l’équipement et de l’eau. Le marché du transport maritime marocain est estimé à 198,6 milliards de dirhams, répartis entre le transport de passagers et croisiéristes (3,6 milliards de dirhams), le fret des ports de l’ANP (87,2 milliards de dirhams) et de Tanger Med (107,8 milliards de dirhams). Le Maroc possède une flotte maritime composée de 10 navires de charge, 06 rouliers/passagers, 144 navire de servitude, 503 navire de plaisance et 8300 engins de plaisance.

S’agissant de compagnies maritimes, le Maroc dispose de neuf compagnies exploitant 16 navires répartis en 6 navires pour le transport de conteneurs, assurant des services de transport côtier entre les ports marocains et les ports méditerranéens, ainsi que 4 navires pour le transport de produits pétroliers, assurant la distribution de produits pétroliers à partir des ports de déchargement vers d’autres ports marocains. Pour les passagers, le Maroc dispose de 6 navires opérant dans le détroit de Gibraltar, couvrant de manière équilibrée la part marocaine du marché du transport par rapport à son homologue européen. Quatre d’entre eux assurent la ligne Tanger-Méditerranée- Algésiras, tandis que deux autres exploitent la ligne Tanger Ville-Tarifa. Ces deux lignes représentent 80 % du trafic maritime des passagers entre le Maroc et l’Europe.

Le Maroc s’est doté, en 2012, d’une Stratégie Portuaire Nationale à l’Horizon 2030, qui vise à mettre en place une offre portuaire compétitive, dans le but de soutenir les dynamiques économiques, de saisir une part du marché du commerce et du tourisme international maritime entre l’Europe, le Moyen-Orient, l’Asie et l’Afrique. Le réseau d’infrastructures portuaire a enregistré une évolution, qui est passé de 93 millions de tonnes en 2012 à 195 millions de tonnes en 2022. Selon la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement, le Maroc est dans le top 20 mondial en matière de connectivité maritime. Un classement qui positionne le Maroc 1er en Afrique et 2e au niveau des pays arabes.

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