51 milliards de dirhams pour financer la grande réforme de la couverture sociale

Généralisation de la couverture sociale, mode d'emploi

La prochaine généralisation de la couverture sociale sera l’une des plus importantes réformes sociales jamais menées au Maroc. L’objectif est d’atteindre, d’ici à 2025, plus de 22 millions de bénéficiaires supplémentaires. Pour ça, de gros moyens financiers sont mobilisés.

Les contours de la grande réforme de la couverture sociale, promise par S.M. le Roi Mohammed VI, pour tous les Marocains, commencent à se préciser. Des montants astronomiques ont été rendus publics par le ministre de l’économie et des finances, Mohamed Benchaâboun, lors de son dernier passage devant la commission des finances à la Chambre des conseillers, lundi 22 février 2021. Le moins que l’on puisse dire est que la réforme est titanesque et que sa mise en place fera certainement d’elle l’une des plus importantes réformes sociales jamais menées au Maroc. Avec 51 milliards de dirhams pour couvrir son coût annuel, la nouvelle réforme sociale est un énorme chantier financier aux répercussions socioéconomiques considérables.

L’argentier du Royaume a expliqué, pendant son exposé à la seconde chambre du parlement, la manière dont ce gros montage financier sera décliné. Ainsi, cette enveloppe est répartie entre l’assurance maladie obligatoire de base, dont la généralisation coûtera 14 milliards de dirhams, les allocations familiales (20 milliards de dirhams), l’élargissement de la base des adhérents au régime de retraite (16 milliards de dirhams) et l’accès à l’indemnité pour perte d’emploi (1 milliard de dirhams).

Simplification des procédures
Le financement de cette réforme s’appuie sur deux dispositifs. Le premier consiste en un système d’affiliation (28 milliards de dirhams), qui concerne les personnes ayant la capacité de participer au financement de la couverture sociale, tandis que le deuxième dispositif (23 milliards de dirhams) est basé sur la solidarité et concerne les personnes n’ayant pas la capacité de participer au financement.

Le financement de ce chantier s’articule autour des axes de réformes et du calendrier définis par S.M. le Roi Mohammed VI, à savoir la généralisation de l’Assurance maladie obligatoire de base durant les années 2021 et 2022 pour arriver à 22 millions de bénéficiaires supplémentaires, la généralisation des allocations familiales durant les années 2023-2024, pour couvrir environ 7 millions d’enfants en âge de scolarité, l’élargissement de la base des adhérents aux régimes de retraite en 2025 en faveur de cinq millions de personnes actives et la généralisation de l’indemnité pour perte d’emploi pour couvrir toute personne exerçant un emploi stable.

Quant à la généralisation de l’Assurance maladie obligatoire de base, elle se fera à travers l’élargissement de la base de ses bénéficiaires, pour couvrir les catégories vulnérables bénéficiant du RAMED, et à travers une mise en oeuvre complète de cette assurance pour la catégorie des professionnels et travailleurs indépendants et personnes non-salariées, qui exercent une activité libérale, tout en adoptant les dispositifs nécessaires dans ce sens, à travers, notamment, la simplification des procédures de cotisation.

Pour les régimes de retraite, M. Benchaâboun note que cette opération va couvrir les personnes exerçant un emploi et ne bénéficiant d’aucune retraite. Et ce, à travers la mise en oeuvre totale du régime de retraite relatif aux professionnels et travailleurs indépendants et aux non salariés exerçant une activité privée, pour couvrir toutes les personnes concernées. Il faut dire que la CNSS, organisme public auquel le gouvernement a confié la gestion de ce vaste chantier, se retrouve désormais face à une lourde responsabilité qui consiste à garantir des prestations sociales de qualité pour tous les Marocains.

Mais la grande question qui se pose: est-ce que tous les Marocains en profiteront sur le même pied d’égalité? Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que la mise en place de cette réforme permettra, sans aucun doute, de soulager les souffrances des Marocains qui vivaient dans la misère la plus totale. Pour beaucoup, une certaine paix sociale reviendrait au pays avec toutes ses conséquences sur la possibilité d’un redécollage économique et social après la désastre de la pandémie du Covid-19.