Fin de la lune de miel au sein du doyen des partis nationaux?

Du rififi à l’Istiqlal

Rien ne semble plus aller en son sein, alors que les parlementaires de la formation viennent de s’opposer à une mesure impulsée au niveau du conseil national par le puissant député-maire de Laâyoune, Hamid Ould Rachid, les visant.

Les députés du groupe parlementaire du Parti de l’Istiqlal (PI) ne semblent pas près de lâcher le morceau face au député-maire de Laâyoune et véritable homme fort du parti, Hamdi Ould Rachid, à l’origine de la décision prise le 26 mai 2022 de ne plus leur octroyer automatiquement un siège au conseil national à partir de la prochaine réunion de cette instance qui fait figure de parlement de la formation.

Ce mardi 7 juin 2022, 54 de ces députés, sur les 80 que compte le PI, se sont fendus d’une motion exigeant du comité exécutif de faire machine arrière, au moins jusqu’à la tenue, le 21 juillet 2022, des législatives partielles dans la circonscription d’Al Hoceima, dont les résultats pour le scrutin législatif du 8 septembre 2021 avaient été invalidés le 20 mai 2022 par la Cour constitutionnelle. Il faut dire que c’est de cette circonscription qu’est issu le président dudit groupe parlementaire, à savoir Nourdin Moudian, que l’on sait depuis un certain moment en inimitié avec M. Ould Rachid du fait des luttes de pouvoir qui depuis plusieurs mois minent le PI à l’interne.

Ainsi, les députés voudraient attendre le retour prévu aux commandes de M. Moudian afin de contrer l’offensive à leur encontre de M. Ould Rachid, dont l’ambition est non seulement de ne plus attribuer de sièges au conseil national aux parlementaires du parti mais de réduire à seulement 500 le nombre de sièges, contre 1.400 à l’heure actuelle, aux fins, l’accusent ses adversaires, d’un meilleur contrôle des décisions qui émanent de lui. M. Ould Rachid plaide simplement, pour sa part, un gain en efficacité et la fin de privilèges indus à ses yeux.

Manoeuvres en coulisses
On est en tout cas bien loin de l’osmose qui a longtemps été affichée par les dirigeants du PI à partir du départ, début octobre 2017, de Hamid Chabat de son poste de secrétaire général et son remplacement par Nizar Baraka, qui dispose dans le gouvernement actuel dirigé par le Rassemblement national des indépendants (RNI) du portefeuille de l’Équipement.

Ce dernier avait ainsi réussi à faire l’unanimité auprès de lui, ce qui n’était plus arrivé depuis le mandat de Abbas El Fassi (1998- 2012), mais non sans laisser en même temps M. Ould Rachid gagner en influence en échange de l’appui que le Sahraoui lui avait apporté aussi bien pour se faire élire que pour parvenir à exercer son contrôle sur les différentes instances. La lune de miel semble donc en passe de connaître un coup d’arrêt net, même s’il se dit que M. Baraka continue d’agir en coulisses afin que les différentes parties fassent la paix, ce qui lui sera notamment nécessaire pour pouvoir briguer un deuxième mandat de secrétaire général dans le cadre du congrès prévu cette année 2022.