La fin du cash n'est pas pour demain

L'ARGENT LIQUIDE DOMINE LES TRANSACTIONS COMMERCIALES AU MAROC

Crise de confiance dans le marché monétaire ou dans l’économie? En tout état de cause, la prédominance du cash au Maroc se maintient. L’argent liquide domine les transactions en ligne. Et le retrait de l’argent est le principal objet d’utilisation des cartes bancaires.

La circulation du cash augmente d’année en année au Maroc. Une situation inquiétante qui renseigne sur une grande crise de confiance des Marocains dans le marché monétaire, la sécurisation des paiements en ligne et plus globalement, l’économie nationale. En ce qui concerne les transactions en ligne, les Marocains préfèrent toujours payer en cash. En 2019, l’opération la plus répandue par les utilisateurs des cartes marocaines est le retrait d’espèces, totalisant 80,6% des transactions.

Les retraits totalisent 286,8 milliards de dirhams, soit 90,3% du montant global des opérations au Maroc. Ce chiffre ne cesse de progresser au fil des années. A titre comparatif, ce montant a augmenté de 8,6% par rapport à 2018, selon le CMI (Centre monétique interbancaire). Ce qui signifie qu’une grande majorité de Marocains ne font pas confiance au paiement en ligne et donc au CMI et aux banques qui sécurisent ces opérations.

Un état des lieux qui, pourtant, est contradictoire avec la croissance exponentielle des guichets bancaires (GAB) dans le Royaume. Les banques marocaines ont installé durant l’année écoulée 324 nouveaux guichets automatiques, portant ainsi à 7.613 unités le nombre de distributeurs au Maroc. Mais, apparemment, les GAB servent majoritairement à retirer de l’argent liquide. Et pourtant, la gestion du cash en circulation hante grandement les autorités monétaires et les banques. La banque centrale a fait en sorte de mettre en place la solution du paiement mobile pour tenter de faire diminuer cette prédominance. Peine perdue, puisqu’elle n’a pas suscité une grande d’adhésion des commerçants.

Manque de visibilité
Ce fut le point qui a marqué l’économie nationale en 2019. La banque centrale a baissé le taux de la réserve monétaire obligatoire suite à l’aggravation du déficit de liquidités des banques engendré par la hausse de la circulation fiduciaire (circulation du cash). Le cash qui sort du système bancaire est en partie derrière le ralentissement des dépôts, qui augmentent désormais plus faiblement que les crédits (sachant que les dépôts servent à octroyer des crédits). Ainsi donc, le cash en circulation augmente de manière fort inquiétante: L’on est passés de 10 milliards de dirhams de hausse par an à 17 milliards de dirhams aujourd’hui.

Ce qui a poussé Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al Maghrib, à demander aux banques de regarder de plus près ces évolutions, qui concernent notamment les MRE (Marocains résidant à l’étranger). Pourquoi alors des Marocains résidents et MRE vident-ils leurs comptes bancaires? Un manque de visibilité et d’assurance dans la gestion de la chose publique par le gouvernement El Othmani.


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