Les feux de forêt ravagent le patrimoine forestier national

Des centaines d’hectares partis en fumée

A Tanger et Al Haouz, des incendies de forêts ont calciné une centaine d’hectares. Avec un été particulièrement caniculaire, les risques de nouveaux incendies sont omniprésents. D’où la vigilance à laquelle le Haut commissariat aux Eaux et forêts appelle les Marocains.

Pendant cet été 2020, la chaleur a atteint des niveaux insupportables dans presque toutes les régions du Maroc. Il est vrai que cette chaleur fait le bonheur des estivants, mais revers de la médaille: elle provoque des feux de forêt spectaculaires. Des milliers d’hectares sont ainsi victimes d’incendies ravageurs détruisant de larges parties du patrimoine forestier national. Lundi 20 juillet 2020, Tanger, frappée par une ampleur inédite de l’épidémie du Covid-19, connaît l’un des feux de forêt les plus terribles dans son histoire.

Un incendie s’est déclaré dans la forêt diplomatique, au sud de la ville, et a ravagé environ 36 hectares de massifs forestiers. Ce violent incendie s’est déclenché à proximité de l’aéroport Ibn Batouta et a pu atteindre un hôpital de campagne pour la prise en charge des malades du Covid-19. Les vents forts qui soufflaient sur la région ont augmenté la vitesse de propagation du feu. Mais, selon le Haut Commissariat aux Eaux et forêts, ce feu a pu être maîtrisé au soir du lundi sans faire de dégâts matériels ou humains. La superficie calcinée couvre principalement des espèces secondaires et d’arbres (liège et genévrier).

Le 8 juillet, un autre feu s’était déclaré dans la forêt d’Ourika, dans la province d’Al Haouz. L’extrême inflammabilité et densité des essences forestières de la zone (Genévrier oxycèdre, chêne-vert et lentisques), la diminution de l’humidité de l’air et l’augmentation des températures qui sévissent ces derniers jours au Maroc, combinées à l’avènement des vents secs et chauds de type «chergui» et au relief très accidenté, ont contribué considérablement à la propagation rapide des flammes après quelques minutes de l’éclosion du feu.

Mobilisation maximale
Malgré les conditions climatiques difficiles, les équipes d’intervention ont pu maîtriser l’incendie après plusieurs heures de lutte, sur une superficie endommagée de 20 hectares. Un désastre écologique a été évité de justesse. Les dégâts auraient pu être encore plus graves, parce que la superficie forestière globale qui était à risque est de l’ordre de 1.500 hectares.

Chez le Haut commissariat aux Eaux et forêts, le dispositif estival de veille et d’intervention reste à son niveau maximal de mobilisation parce qu’actuellement les végétations forestières sont très sèches et vulnérables; le risque de propagation des feux en cette période est très élevé.

Ainsi, le Département des Eaux et Forêts relance un nouvel appel à la vigilance auprès de tous les citoyens et utilisateurs des espaces forestiers (camping, estivants, apiculteurs, éleveurs, ouvriers…) pour éviter l’utilisation du feu pendant la période estivale et alerter les autorités compétentes de toute fumée ou départ de feu, et également sur tout indice ou comportement suspect, pouvant occasionner l’éclosion d’un feu de forêt.