Les festivals reprennent de plus belle

Relance durant la saison estivale des festivals de musique

Pour la reprise de la saison festivalière, après une absence de deux ans, les programmateurs ont soigné leurs affiches.

À Fès, Essaouira ou Casablanca, de la musique soufie du nord de l’Inde aux chants gnaouas (du sud marocain), en passant par le funk cubain et le tropicalisme brésilien, le Royaume s’ouvre à nouveau aux sonorités du monde à partir du début juin 2022. Ainsi, après deux années de passage à vide imposé par le Covid-19, le Maroc relance les grands festivals de musique qui ont fait sa réputation et servent son influence culturelle sur la scène internationale.

«Au Maroc, la vie culturelle, notamment certains festivals devenus emblématiques, repose sur un socle solide et prometteur», explique à l’AFP Neila Tazi, l’organisatrice du Festival Gnaoua et Musiques du Monde, lancé en 1997 à Essaouira (sud). «Elle représente un ’soft power’ considérable pour le pays», souligne Neila Tazi, qui préside la Fédération des industries culturelles et créatives.

De fait, pour la reprise de la saison festivalière, après une absence de deux ans, les programmateurs ont soigné leurs affiches. C’est à Essaouira, le 3 juin, que va s’élever la première note du Festival Gnaoua. Pour la première fois de son histoire, les organisateurs ont opté pour un «festival itinérant» qui, après une première escale dans le port d’Essaouira, conduira les musiciens à Marrakech, Casablanca et Rabat jusqu’au 24 juin.

Festival itinérant
Au programme, des concerts de mâalems («maîtres») gnaouas mais aussi de jeunes artistes s’appropriant cette tradition musicale, comme Asmaa Hamzaoui, l’une des rares femmes dans un milieu presque exclusivement masculin. Parmi les invités: le chanteur folk anglais Piers Faccini, le Cubain Cimafunk et la star du jazz israélien Avishai Cohen. Autre rencontre qui résonne au-delà des frontières marocaines, le Festival des musiques sacrées de Fès (9-12 juin). Fidèle à sa tradition culturelle et spirituelle, il a bâti l’édition 2022 autour de «L’Architecture et le Sacré».

«Tout, dans la musique, est une histoire d’architecture, de formes et d’ornements. Tout est question de constructions, de lignes, de pleins, de vides, de superpositions, de hauteurs», explique Bruno Messina, directeur artistique de ce festival, fondé en 1994.

Les chants sacrés s’incarneront cette année à travers les voix des Roohani Sisters (musique classique indienne), de la Kazakhe Saniye Ismail, interprète de la musique traditionnelle ouïghoure, et des polyphonies sardes. Enfin, si le festival phare de Mawazine- Rythmes du Monde à Rabat -le plus grand en Afrique- n’aura pas lieu, le «Jazzablanca» (1-3 juillet) lui volera la vedette pour sa 15e édition dans la capitale économique du royaume, grâce à un programme étincelant.

Ce festival casablancais réunira des vedettes aussi exceptionnelles que le légendaire Gilberto Gil, Mulatu Astatke, le père de l’éthiojazz, Ben Harper, Ibrahim Maalouf, Asaf Avidan, figure du folk-rock israélien, etc. Placée sous patronage royal, cette effervescence musicale n’est pas seulement destinée à l’étranger, elle a aussi pour ambition de faire accéder le plus grand nombre de Marocains à la culture.