Festival national du film 2023 : Au septième ciel, le cinéma marocain


`A l’issue de la célébration de l’édition 2023 du Festival national du film de Tanger, “Mon père n’est pas mort”, réalisé par Adil Fadili, a remporté le prestigieux Grand Prix. En plus de cette récompense, cette oeuvre cinématographique a également décroché une collection de distinctions. Par ailleurs, le festival a consacré d’autres films ayant concouru dans les différentes catégories des compétitions.

Quand les moyens sont au rendez- vous, le cinéma marocain n’en finit pas d’impressionner. La 23ème édition du Festival national du film de Tanger (FNFT), qui s’est tenue du 27 octobre au 4 novembre 2023, a primé un total de quatorze oeuvres cinématographiques réalisées par des cinéastes -femmes et hommes- marocains. Cette édition aura été marqué par la qualité exceptionnelle de l’organisation, dont le chef d’orchestre n’est autre que le Centre cinématographique marocain (CCM).

Le film de long métrage “Mon père n’est pas mort”, dont la durée culmine à 100 minutes, a remporté le Grand Prix de cette nouvelle édition du festival. “Je suis l’homme le plus heureux du monde”, s’est exclamé M. Fadili, en arborant un sourire jovial. Il a ajouté qu’”avec cette consécration, mon rêve d’enfance est exaucé”. Le film en question a reçu cinq autres prix, à savoir le prix de la réalisation, le prix de l’image, le prix de la production, le prix du son ainsi que celui de la musique originale. Dans la même catégorie de compétition, en l’occurrence celle des courts-métrages de fiction, le film “Le Bleu du caftan” de Maryam Touzani a été auréolé du prix du montage. Ce prix a été attribué au monteur belge Nicolas Rumpl. De plus, la même oeuvre a également décroché le prix du premier rôle masculin (Saleh Bakri).

La mention spéciale du jury du concours “long-métrage de fiction” a été accordée à l’oeuvre “Sound of Berberia” du réalisateur Tarik El Idrissi. Le prix spécial du jury a, quant à lui, été décerné au cinéaste Fyzal Boulifa, pour son film “Les Damnés ne pleurent pas”, qui a pour sa part reçu les prix du scénario, le prix du premier rôle féminin (Aïcha Tebaa) ainsi que de la critique. Le film de long métrage “Reines”, de Yasmine Benkiran, a raflé deux prix: le prix de la première oeuvre et celui du deuxième rôle féminin (Nisrine Benchara). En outre, “Un été à Boujad”, long métrage d’Omar Mouldouira, a été récompensé par le prix du deuxième rôle masculin (Hatim Saddiki).


Créativité et innovation
Dans le palmarès des longs métrages documentaires, “Fragments from Heaven”, du réalisateur Adnane Baraka, et “Miroirs brisés” du réalisateur Othmane Saadouni, ont été respectivement primés par le Grand Prix et le prix spécial du jury. Par ailleurs, dans la compétition des courts métrages de fiction, six opus ont été consacrés, à savoir “Sur la tombe de mon père” du réalisateur Jawahine Zentar (Grand Prix), “No Key” de Walid Messnaoui (prix spécial du jury), “Sahara mon amour” de Latefa Ahrrare (mention spéciale), “Seminal Animals” de Karim Souissi (prix du scénario). Le prix ciné-clubs a, quant à lui, été attribué exæquo aux oeuvres suivantes: “Sound of Berberia” (film de long métrage), “Débris” (court métrage) et “Fragments from Heaven” (film de long métrage de documentaire).

Approche genre
Dans la compétition “film d’écoles”, nouvellement créée par le CCM, “L’Épouvantail”, du lauréat de l’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel et du cinéma (ISMAC), Anas Zemati, est parvenu à capter l’attention du jury et s’est vu primé dans le cadre de ce concours dont l’objectif est d’encourager la relève à faire montre de créativité et d’innovation. Trajectoire ascendante Interrogé dans ce contexte -notamment sur les nouveautés qui ont distingué cette édition du festival –, le directeur du CCM, Abdelaziz El Bouzdaini, a affirmé d’entrée de jeu que l’idée était d’élever le niveau de nos manifestations cinématographiques nationales, en étayant succinctement ses propos par une métaphore qui semble, tout compte fait, résumer la nouvelle philosophie de l’institution qu’il dirige: “Le sélectionneur national, Hoalid Regragui, a ouvert le bal en optimisant la performance du football marocain. Tous les domaines devraient donc suivre cette trajectoire ascendante.”

Par ailleurs, l’approche du CCM a évolué en matière de sélection des membres des jurys des compétitions. L’approche genre et l’approche par compétence ont été privilégiées. “Donner des places aux femmes au même titre que les hommes a été notre priorité. D’autres critères tels que la présence des membres des jurys dans le cinéma marocain, le multiculturalisme, le parcours académique et professionnel entrent en ligne de compte”, a indiqué M. El Bouzdaini.

Un autre détail et non des moindres: les prix ont tous doublé. En effet, l’enveloppe budgétaire réservée aux prix est passée de 750.000 dirhams à 1,5 million de dirhams (MDH). Des discussions sont, en outre, en cours pour augmenter le budget alloué à l’aide à la production des oeuvres cinématographiques, nous confie-t-on.

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