Festival international du film de Marrakech 2023 : Des noces de porcelaine en beauté


S.A.R. le prince Moulay Rachid accueille
les invités d’honneur du FIFM 2023.


Pour la vingtième fois, Marrakech a organisé, à partir du 24 novembre 2023, son festival du cinéma. Un rendez-vous marquée notamment par une ouverture encore plus prononcée à l’international, tout en laissant la part belle à la production nationale.

Vingt ans. “L’âge où on commence à prendre”, s’exclame l’actrice Zakia Tahiri au moment où Maroc Hebdo l’aborde au Festival international du film de Marrakech (FIFM), qui souffle donc cette année 2023 sa deuxième décennie. Comme elle, ce sont de nombreuses figures du cinéma aussi bien du Maroc que de l’étranger qui se sont retrouvées en cette fin d’automne 2023 dans la cité ocre, pour ce qui constitue sans doute désormais le principal rendez-vous cinématographique de l’année dans la région. “Franchement, un excellent travail a été fait pour promouvoir ce festival, on parle de nous partout dans le monde, on reçoit des artistes de Hollywood, des artistes qui participent à Cannes, mais aussi des artistes marocains” indique, à ce propos, Mme Tahiri.

Flopée de vedettes
Parmi la flopée de vedettes qui ont fait acte de présence à Marrakech, Maroc Hebdo a pu également approcher l’acteur d’origine danoise Mads Mikkelsen, qui s’est vu décerner «l’Étoile d’Or» lors de la cérémonie d’ouverture de cette 20ème édition, et ce aux côtés du réalisateur marocain Faouzi Bensaïdi, en reconnaissance de leur parcours artistique mondial. Dans l’après-midi du 25 novembre 2023, dans une salle totalement comble et, surtout, totalement conquise par le héros mémorable du film “Les animaux fantastiques”, M. Mikkelsen a d’ailleurs pu donner un aperçu de ce qui fait son succès planétaire, puisque c’est désormais dans le saint des saints du cinéma, à savoir Hollywood, que depuis une quinzaine d’années il fait carrière. “Marrakech est l’un des premiers endroits au monde à avoir accueilli les cinéastes scandinaves, donc nous avons une petite histoire ensemble”, a indiqué, dans une déclaration exclusive à Maroc Hebdo, M. Mikkelsen tout en soulignant le fait qu’il était très content de se trouver à Marrakech, ville qu’il a qualifiée de “très charmante”. Autre star internationale à avoir fait le déplacement, Tilda Swinton est désormais une habituée du FIFM. En effet, on se souvient qu’elle avait déjà occupé la prestigieuse position de présidente du jury lors de l’édition 2019 du festival.


Les membres du jury du FIFM 2023.


Maroc ouvert
Lors d’une rencontre au majestueux hôtel de la Mamounia, l’actrice britannique n’a pas hésité à partager avec nous son profond attachement pour le Maroc et son enthousiasme constant à l’égard de cet événement cinématographique. Elle a rappelé que ses séjours dans le Royaume ne datait pas d’hier et qu’elle y avait même filmé “Only Lovers Left Alive”, réalisé par Jim Jarmusch à Tanger dans la première moitié des années 2010.


Pour sa part, l’écrivaine franco-marocaine Leila Slimani, qui fait partie du jury, a exprimé sa fierté de représenter ce qu’elle a qualifié de “Maroc ouvert, cosmopolite, curieux, qui s’intéresse à la culture du monde entier, qui accueille les gens chaleureusement”, mettant en avant le fait qu’elle soit la seule Marocaine d’un jury présidé par l’actrice et productrice américaine oscarisée Jessica Chastain et composé de l’actrice iranienne Zar Amir, la comédienne française Camille Cottin ou encore le réalisateur suédo-égyptien Tarek Saleh. Si toute manifestation de festivité excessive a été annulée, y compris le traditionnel déroulement du tapis rouge, vu le contexte du post-séisme d’Al-Haouz, le public a largement répondu. Les spectateurs, dont des groupes d’enfants victimes du séisme, ont pu se délecter d’une sélection impressionnante de plus de 75 films, dont 15 sont des créations marocaines. Deux films marocains sont d’ailleurs en compétition pour l’Étoile d’or, à savoir “Les Meutes”, de Kamal Lazraq, et “La Mère de tous les mensonges” d’Asmae El Moudir. Ces deux films n’ont pas manqué d’attirer le regard du grand public et illustrent l’intérêt manifeste de ce dernier pour la vitalité et la diversité de la cinématographie marocaine contemporaine.


Faouzi Bensaïdi et Madds Mikkelsen,
gagnants de l’Etoile d’or du FIFM 2023.


Diversité du cinéma
Le documentaire «Bye Bye Tibériade», de la Franco-Algérienne Lina Soualem, a également capté les coeurs et les esprits lors de sa participation au FIFM, recevant une standing ovation de 15 minutes de la part d’un public profondément touché. À travers l’histoire de Hiam Abbas, palestinienne, mère de la réalisatrice, le film explore l’histoire des Palestiniens, de l’exil et des liens familiaux.

Au-delà des paillettes et des projections, le festival a été le théâtre de rencontres fructueuses et de débats enrichissants, notamment lors des sessions «In Conversation with…», qui se sont établies comme des moments incontournables du festival. En parallèle, le FIFM continue de soutenir la prochaine génération de cinéastes à travers les «Ateliers de l’Atlas». Depuis 2018, ce programme offre un soutien crucial aux jeunes talents d’Afrique et du Moyen-Orient, avec des projets aussi bien en développement qu’en postproduction. Cette année, les Ateliers de l’Atlas ont pris une ampleur remarquable, présentant 16 projets en développement et 9 films en cours de réalisation ou en postproduction.

Ces oeuvres, issues de 11 pays différents, ont été choisies parmi 320 candidatures venant du monde arabe et d’Afrique, soulignant ainsi l’étendue et la diversité du cinéma de ces régions. Une initiative qui renforce le FIFM dans son rôle de catalyseur du cinéma mondial, soulignant son engagement envers la découverte et la promotion de nouvelles voix dans l’industrie cinématographique.

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