Conséquences de la fermeture du Gazoduc Maghreb-Europe

La grande désillusion Espagnole

Quand l’Algérie a arrêté l’approvisionnement du Maroc en gaz via le GME, l’Espagne ne pensait qu’à son propre intérêt. Le gouvernement Sanchez croyait que l’Algérie ne tenait tête qu’au Maroc et qu’en acceptant de jouer son jeu, son pays sera épargné. Il vient de découvrir le vrai visage d’Alger.

L’Algérie fait du chantage à l’Espagne. Pas n’importe lequel, mais du chantage gazier! Selon le dernier bulletin de Enagas, société espagnole qui gère le réseau de transport européen et qui exploite le réseau de gaz du pays, le gaz naturel liquéfié (GNL) entré sur le marché espagnol par voie maritime, en décembre 2021, représentait 68,8% du total, contre 52,4% en décembre de 2020. Quant au gaz naturel (GN), transporté par le pipeline Medgaz qui relie directement l’Algérie à l’Espagne, il représentait 31,2% en décembre 2021, comparativement à 52,4 % au même mois de 2020.

Les données d’Enagas révèlent que le flux de gaz par Tarifa via le Gazoduc Maghreb-Europe (MGE) est nul en décembre 2021 alors qu’il atteignait 6.236 GWh en décembre 2020. Un flux qui n’a été compensé qu’en partie par le Gazoduc Medgaz via Almeria, et qui ne couvre que 23% de la demande de gaz en Espagne: L’Algérie a envoyé via le gazoduc Medgaz 8.260 GWh en décembre 2021 contre 6.695 GWh au même mois 2020. La quantité distribuée n’a été majorée que de 1.565 GWh.

Fluctuations des cours
Que faut-il comprendre de ces chiffres? Après la fermeture du GME, l’Algérie avait promis à l’Espagne de compenser l’arrêt d’approvisionnement via le Maroc par le gazoduc Medgaz. La vice-présidente de la Transition écologique, Teresa Ribera et le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, ont alors déployé une campagne médiatique pour apaiser les craintes d’une éventuelle pénurie. Sauf que via Medgaz le régime algérien n’a pas envoyé tout le gaz destiné à l’Espagne. Il a préféré envoyer le gros du gaz par bateau. Le résultat est que, par rapport aux 495 GWh de GNL que Sonatrach a envoyés en Espagne en décembre 2020, ce volume est passé à 2.357 GWh le mois dernier.

La question centrale est de savoir à quel prix l’Espagne reçoit les deux types de gaz. Le fait que le gaz par bateau nécessite d’être liquéfié sur les côtes d’origine et regazéifié sur celles de destination, le rend plus cher que le gaz naturel. Son prix est soumis aux fluctuations des cours internationaux et du fret des méthaniers (navires qui transportent le GNL).

En sus de cela, le contrat gazier que Naturgy a conclu avec Sonatrach renfermait une clause sur les prix. Les deux sociétés ont renégocié en 2020 le prix à la baisse après que la pandémie ait fait chuter la demande d’énergie dans le monde. Aujourd’hui, alors que les prix du gaz montent en flèche (de 8 euros/MWh en moyenne en 2020 à 48 euros/MWh en 2021, et plus de 100 euros/MWh en fin d’année), l’Algérie a exigé une révision à la hausse.

C’est là une conséquence directe de la fermeture du gazoduc Maghreb-Europe (GME) par l’Algérie. Quand le président algérien Tebboune a décidé d’arrêter l’approvisionnement du Maroc en gaz via le GME, l’Espagne de Pedro Sanchez ne pensait qu’à ses propres intérêts. Ils pensaient que l’Algérie ne tenait tête qu’au Maroc et qu’en acceptant de jouer son jeu, leur pays sera épargné. Ils ne voyaient pas venir ce chantage algérien qui va plomber leurs finances.