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Les femmes rurales, ces laissées pour compte

Les inégalités entre femmes urbaines et rurales vont en s’accentuant

Plus accentuées que les inégalités de genre, celles, d’ailleurs moins connues, qui existent entre femmes urbaines et femmes rurales sont plus qu’alarmantes. Non seulement en termes de santé, d’éducation-formation, d’accès au marché de travail, de niveau de vie, mais aussi du fait des violences physiques et psychologiques qu’elles n’en finissent pas de subir.

Aussi, pour la première fois au Maroc, une étude réalisée dans le cadre d’un programme conjoint entre l’ONDH et l’ONU souligne l’existence de ces multiples formes de discrimination, qui se traduisent, notamment, pour les femmes résidant en milieu rural, par des privations en termes de bien-être.

Pour preuve un analphabétisme deux fois plus élevé chez les femmes rurales pauvres, ajouté à une couverture médicale deux fois moindre, sans parler d’un mariage précoce qui touche deux fois plus de filles rurales que celles résidant en ville. Quant à la violence faite aux femmes en zone rurale, elle continue à avoir la peau dure. En effet, selon les données de cette enquête, si les inégalités entre femmes et hommes sont significatives et importantes, les écarts entre les femmes et les filles issues des ménages pauvres en milieu rural et celles issues des ménages riches en milieu urbain s’avèrent être des plus accentués.

D’abord, en termes d’accès à l’éducation puisque le non-achèvement des cycles primaire, collégial et qualifiant, est toujours largement plus important pour les femmes rurales que pour les femmes urbaines. Pour cause des difficultés d’accès aux établissements scolaires en milieu rural et de la faiblesse du rendement interne du système éducatif. Mais aussi, à cause de l’exclusion de Tayssir de certaines catégories de jeunes filles.

Même constat concernant les inégalités d’accès aux services de soins de qualité puisque l’absence de couverture médicale atteint 45,5% chez les femmes pauvres en milieu rural, contre 30,5% pour la gent féminine riche en milieu urbain. Alors qu’au niveau national, la situation est quasi-similaire entre les hommes et les femmes Quant au mariage précoce, les données montrent que les femmes pauvres en milieu rural y sont deux fois plus exposées que les femmes riches issues des ménages urbains. Un écart qui s’est creusé en raison du «non-enregistrement des filles à l’état civil», ainsi que de «la lourdeur des pénalités prévues par le code pénal dans le cadre des relations sexuelles hors mariages». Sans oublier «la non-intégration des programmes d’éducation sexuelle dans les programmes de planification familiale».

Autre fléau et indicateur des disparités entre les femmes et les filles au Maroc: celui de la violence à leur encontre. Ainsi, même s’il reste élevé, le taux de prévalence de la violence faite aux femmes a connu une baisse au niveau national et en zone urbaine, en milieu rural, ce taux fait de la résistance, notamment, en raison de la faible connaissance du dispositif juridique et de la difficulté d’y accéder ainsi que de l’insécurité dans les lieux publics. Le temps n’est-il pas venu de pallier à ces disparités