LES PREMIÈRES FEMMES ADOULS ONT PRÊTÉ SERMENT

LE DÉBUT D’UNE NOUVELLE ÈRE

Longtemps réservée aux hommes, la profession d’adoul a été officiellement autorisée aux femmes suite à une décision royale historique en 2018. Ce 1er juillet, 18 d’entre elles, sur les 277 qui ont réussi le concours en 2018, ont prêté serment à Tétouan.

La profession traditionnelle d’adoul, jusque-là réservée aux hommes, s’ouvre désormais aux femmes. La première promotion vient de prêter serment, mercredi 1er juillet, devant le président de la Cour d’Appel de Tétouan, Mustapha El Ghazal, conformément aux dispositions de l’article 10 de la loi relative à la profession. Sur les 45 nouveaux adouls, 18 sont des femmes, soit 40% de la promotion. Avant cela, les lauréats et lauréates devaient remplir les conditions légales pour exercer la profession au terme d’une année de formation.

Le président du Conseil Régional des Adouls dans la circonscription de la Cour d’appel de Tétouan, Abdellah Akherif, a souligné que la promotion 2018 des adouls se distingue par l’accès de la gent féminine à cette profession, une première au Maroc, et ce conformément aux orientations royales visant à autoriser les femmes à exercer la profession d’adoul. «L’accès des femmes à la profession des adouls est un moment historique», explique le magistrat et «cela traduit les dispositions de la Constitution de 2011 et des lois en vigueur, notamment celles liées à la promotion des droits de la femme et à la lutte contre la discrimination à son égard sous toutes ses formes», se réjouit-il.

Égalité des chances
Le 20 juin dernier, c’est la Cour d’appel de Marrakech qui avait accueilli la première promotion de 80 nouveaux adouls dont une bonne partie appartenant à la gent féminine. Le président de l’Ordre national des adouls, Moulay Bouchaïb Fadlaoui, a, pour sa part, mis en relief la capacité des femmes à exercer ce métier. «Toutes les femmes adouls, au nombre de 277, ont brillamment réussi les études et les stages. Elles ont toutes été désignées pour exercer dans les villes», s’est-il enthousiasmé. La décision historique du Roi Mohammed VI autorisant les femmes à exercer la profession d’adoul revêt une signification profonde et constitue un signal fort quant à la nécessité du développement et de la réforme de la profession afin d’accompagner le chantier de modernisation.

À travers cette initiative, le Roi a ainsi donné corps aux dispositions de l’article 19 de la Constitution, surtout dans son volet relatif à l’égalité homme-femme. Le deuxième volet de la réforme relève des compétences du gouvernement et de l’institution législative, à travers la mise en oeuvre des dispositions de la Loi fondamentale, notamment en termes d’égalité des chances, de lutte contre la discrimination et de respect des recommandations du chantier de la réforme du système judiciaire.