LES FAUX PRONOSTICS DU MINISTÈRE DE LA SANTÉ

QUE VALENT LES CHIFFRES ÉPIDÉMIOLOGIQUES?

Le moins que l’on puisse dire est que les Marocains vivent, depuis plusieurs semaines, un cauchemar sanitaire qui se répercute négativement sur le cours de leur vie normale. La faute pas seulement aux Marocains, mais également au ministère de la santé, qui se retrouve dépassé par la situation.

Face à la hausse des contaminations au Covid-19 et la dégradation de la situation sanitaire dans notre pays, le gouvernement fait montre d’une incompétence incroyable. Au lieu de construire de nouveaux hôpitaux de campagne pour abriter les milliers de cas enregistrés tous les jours, de mettre le paquet sur le protocole thérapeutique et les tests PCR, de réquisitionner les cliniques privées pour les mettre à la disposition des malades du Covid-19, le ministre de la santé, Khalid Aït Taleb, nous fait des sorties médiatiques furtives pour avancer des explications qui justifient la décision de procéder au reconfinement de Casablanca. Une décision qui a suscité l’ire des parents d’élèves, outrés par le mépris par lequel le gouvernement traite les Marocains.

Le ministre de la santé aurait-il manipulé les chiffres épidémiologiques pour fermer Casablanca à la veille de la rentrée scolaire? Tout le monde le pense, du moins les parents d’élèves. Mais difficile de l’attester. En revanche, ce qui est sûr, c’est que le ministre de la santé a trompé les Marocains. À quelques jours de la rentrée scolaire, le département de la santé, dans les anciens points de presse télévisés, avançait que le Maroc a entamé la courbe descendante des cas de contaminations.

On expliquait, sans arguments scientifiques prouvés, que le Royaume a atteint le pic de l’épidémie. Une affirmation qui ne repose pas sur des données réelles ni crédibles. Sinon, comment expliquer la hausse vertigineuse des cas de contamination, le dimanche 6 septembre 2020? Le Maroc enregistre, en effet, ce jour-là, son record de cas positifs depuis le démarrage de l’épidémie dans notre pays le 2 mars 2020. Les analyses tronquées et les pronostics visiblement mal fondés du ministère de la santé plongent le Maroc dans le chaos.

Le moins que l’on puisse dire est que les Marocains vivent depuis plusieurs semaines, un cauchemar sanitaire qui se répercute négativement sur le cours de leur vie normale. A Casablanca, la situation est particulièrement catastrophique. Les hôpitaux sont saturés, les cas graves montent en flèche, les médecins sont dépassés et les morts de plus en plus nombreux.

Il est certain que les Marocains ont contribué par leur laxisme, leur laisser- aller et leur relâchement à cette situation qui s’aggrave, mais les autorités sanitaires, à leur tête le ministre de la santé, assument une grande partie de la responsabilité. Il représente ainsi l’Etat dans ce secteur longtemps abandonné à son triste sort. Considéré comme le secteur qui profite d’un faible budget public, le secteur sanitaire est plus que jamais confronté à ses insuffisances et faiblesses au même titre qu’à la pandémie, qui ne recule devant rien.

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