Interview de Fatima Zahra Mansouri, coordinatrice du Parti authenticité et modernité

Fatima Zahra Mansouri : "La direction collégiale, un signe de vitalité du PAM"

De l’avis de tous les Pamistes, Fatima Zahra Mansouri est la personne qu'il faut pour donner un nouveau souffle au parti. Elue coordinatrice de la direction collégiale, chargée des relations avec les institutions, elle nous a accordé cette interview où elle s’exprime sur tout ce qui a trait à la vie du parti.


Le 5ème congrès national du PAM n’a pas élu de secrétaire général, mais plutôt une direction collégiale. Pourquoi ?
La question du mode de gouvernance du parti a toujours été au centre des débats internes au PAM. A l’occasion du 5ème congrès tenu les 9 et 10 février 2024 à Bouznika, nous voulions apporter une réponse nouvelle et novatrice après le message royal appelant les partis à opérer leur mutation pour un meilleur encadrement des citoyens et pour une meilleure pratique de la politique. Notre parti qui a le sens de l’anticipation et de la réactivité a donc décidé d’innover en matière d’instances dirigeantes en instaurant une direction collégiale et non un secrétaire général comme il est de coutume.

Ce n’est pas le signe d’une crise de leadership interne ou de l’absence d’un accord sur un secrétaire général ?
Contrairement à ce qui se dit et s’écrit ici et là, l’élection par le conseil national du PAM d’une direction collégiale, un collège de trois membres, est un signe de vitalité du parti et non le résultat d’une quelconque crise. Ce collège composé de trois membres, Mohamed Mehdi Bensaid, Salaheddine Aboulghali et moi-même est un collège cohérent et nous sommes, nous trois, complémentaires. Le message essentiel que l’on renvoie à l’ensemble des acteurs politiques et de la société civile est que pour nous au PAM, il ne s’agit pas d’histoires de personnes, mais plutôt de projet de société que l’on défend et de feuilles de route qu’on établit pour y parvenir. Deuxième élément, à signaler, les trois membres de la direction collégiale sont des enfants du PAM. Nous sommes la génération PAM. Aucun de nous trois n’avait fait de la politique avant 2008. Le taux d’abstention qui a marqué les législatives de 2007 nous avait fait peur en tant que Marocains. La création du Mouvement pour tous les démocrates (MTD) en 2008, nous a convaincus qu’une autre façon de faire la politique et de servir son pays est possible. Et c’est ainsi qu’a commencé notre carrière politique, à nous trois, ainsi que d’autres cadres et militants du PAM.

Direction collégiale oui, mais le message royal de félicitations a été adressé à vous et à vous seule…
Vous le savez très bien, SM le Roi est très respectueux des institutions. Le conseil national a élu la direction collégiale et m’a désignée en tant que coordinatrice générale chargée des relations avec les institutions. Normal donc que le message royal m’a été adressé ou plutôt a été adressé à la direction et à l’ensemble des militants du PAM à travers ma modeste personne.

Avec Najwa Koukouss, présidente du Conseil national et vous comme coordinatrice, vous êtes deux femmes à occuper les premiers postes de responsabilité au sein du PAM…
Pourquoi une telle question? Cela vous gêne? Y voyez-vous quelque chose d’anormal? Najwa Koukouss est une jeune militante, elle aussi génération PAM, qui a rejoint le parti à l’âge de 18 ans. Personnellement, cela m’a fait grand plaisir de la voir présidente du conseil national. Cela veut dire que le PAM donne sa place à la jeunesse. La femme représente 50% de la population, c’est légitime que des partis politiques ou des institutions nationales publiques ou privées soient dirigées par des femmes dès lors qu’elles remplissent les conditions nécessaires. Je dois dire que malgré toutes les avancées, il y a encore du chemin à parcourir pour asseoir une véritable égalité homme-femme...

Le 5ème congrès n’a pas élu de bureau politique. C’est pour quand ?
C’est le conseil national qui élit le bureau politique. Il y a des membres ès qualité qui sont déjà au bureau politique (les ministres, les présidents des groupes parlementaires, les secrétaires généraux des organisations de la femme et de la jeunesse et le président de l’académie de formation du PAM, NDLR). La direction collégiale va proposer une liste pour compléter le bureau et c’est au conseil national dans sa prochaine session d’en décider. La date n’a toujours pas été fixée.

Quels sont les premiers chantiers, si j’ose dire, sur lesquels la direction du PAM va plancher ?
D’abord, il y a la charte éthique sur laquelle les discussions avancent depuis plusieurs semaines. Une charte d’éthique qui sera contraignante pour tous les adhérents du PAM quel que soit leur statut au sein du parti. Il faut dire que depuis l’élaboration de ses textes fondateurs, en 2008/2009, le PAM s’est toujours voulu un parti qui fait de la politique autrement. Mais malheureusement au fil du temps, il s’est laissé aller et a été rattrapé par les tares du champ politique. SM le Roi a appelé encore une fois, comme je l’ai dit au début, à faire prévaloir les valeurs éthiques et la morale dans l’action politique. Nous allons donc travailler de manière soutenue pour finaliser cette charte dans les meilleurs délais pour éviter que le parti ne commette des impairs ou ne soit mêlé à certaines pratiques que nous condamnons.

L’image du parti a été entachée quelques semaines avant le 5ème congrès par l'affaire Naciri et Bioui, deux membres influents du PAM. Quelle a été votre réaction et que comptez-vous faire pour garder le parti propre?
D’abord, nous sommes au sein du PAM respectueux des institutions. De par son ampleur, l’affaire que vous évoquez a surpris tout le monde, y compris nous au PAM. Ceci dit, Said Naciri et Abdenbi Bioui sont présumés innocents. Le dossier est entre les mains de la justice, nous attendons la fin de la procédure. Que vient faire le PAM dans cette affaire ? Je ne vois aucun lien puisque MM. Naciri et Bioui sont poursuivis pour des faits n’ayant aucun rapport avec leur appartenance au parti. Pour adhérer au parti, ils ont présenté les documents exigés dont le casier judiciaire. Ils ont été élus par les citoyens, le premier comme député, le second comme président de région. Ils ont été également élus par les militants de leur région au poste de responsabilité partisane. Le parti n’est pas un appareil sécuritaire pour savoir tout ce que font ses militants. Je l’ai dit lors du congrès, et aussi quand je présidais le conseil national et ce dans un communiqué que nous avions publié et dans lequel il est dit que nous respectons la loi. S’il s’avère qu’un des membres du Parti est impliqué dans une sale affaire, je serais la première à le dénoncer. Nous voulons un parti propre et nous ferons tout pour qu’il le soit.

Dans son discours d’ouverture du congrès, Abdellatif Ouahbi, secrétaire général sortant, a dit que le PAM respecte ses engagements au sein de la majorité mais défend le droit de l’opposition à s’exprimer et à jouer son rôle constitutionnel. Partagez-vous cette déclaration ?
Vous me facilitez la réponse en parlant du rôle constitutionnel. Le dénominateur commun entre les partis politiques, de quelque bord qu’ils soient, est la Constitution. Au PAM et à titre personnel, nous n’avons aucun problème avec l’opposition dès lors qu’elle joue son rôle constitutionnel, en maintenant à un niveau élevé les débats concernant le pays et la société. Et non en faisant recours aux attaques personnelles et aux accusations infondées. Le PAM a passé plus de dix ans dans l’opposition et nous savons ce que c’est et il s’interdit de jeter les anathèmes sur les partis de l’opposition ou de bloquer systématiquement leur proposition.

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