Fake News: Pas de meilleur outil de lutte que la responsabilité individuelle

La vidéo de quatre filles tangéroises contactant les autorités sanitaires pour leur signaler un faux cas d’atteinte au Covid-19 a suscité un véritable tollé sur les réseaux sociaux, et la nouvelle de l’arrestation de deux d’entre elles par les services de police judiciaire, le 28 mars, a généralement été très bien accueillie. En ces temps de psychose où le risque n’est pas moins que la mort pour beaucoup de malades -plus de 30 désormais-, de tels canulars apparaissent en effet de très mauvais goût.

Le problème qui se pose actuellement est que de telles pratiques sont légion, à telle enseigne qu’au 24 mars, les affaires de fake news recensées en quatre jours seulement depuis la déclaration de l’état d’urgence sanitaire par le ministère public et en relation directe avec la pandémie de Covid-19 atteignait d’ores et déjà 56. On peut bien évidemment imaginer que ce chiffre a continué, depuis lors, à augmenter, tellement le manque de conscience semble encore criant au sein de certains pans de la population, qui ne prennent pas la pleine mesure de l’effet dommageable de leurs méfaits.

La course aux “j’aime”, parfois sans autre objectif que d’assouvir des tendances purement égocentriques, demeure encore folle chez de nombreuses aspirantes stars du web, sans parler d’entreprises purement malveillantes n’ayant d’autre objectif que de semer la peur et l’angoisse dans les rangs des ménages marocains.

S’il est catalogué par d’aucuns, notamment les associations de défense des droits humains, comme potentiellement liberticide et ce sans doute à raison, le projet de loi 22- 20 relatif à l’utilisation des réseaux sociaux, des réseaux de diffusion et réseaux similaires, n’en reste pas moins, in fine, un mal nécessaire, devant tant de dépassements.

Adopté le 19 mars en conseil de gouvernement, il vise essentiellement, comme l’avait souligné le ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, porte-parole du gouvernement, El Hassan Abyaba, à l’issue de son examen et son approbation par l’Exécutif, justement à dissuader la diffusion des fake news ainsi que certains comportements criminels portant atteinte selon lui à la dignité et à l’esprit des individus ou des mineurs.

Sa discussion au parlement devrait avoir lieu au cours de la prochaine session de l’institution législative, dont l’ouverture été finalement été maintenue au 10 avril. Mais nul doute que l’outil le meilleur pour lutter contre les dégâts informationnels reste, en dernier ressort, la responsabilité individuelle, et celle-ci est à l’heure actuelle surtout plus que la bienvenue.


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