Les failles de l'onssa relevées par la cour des comptes

Consommateurs, à vos risques et périls!

Un rapport accablant à tout point de vue. Les failles sur les contrôles sanitaires de l’ONSSA, qui s’est toujours targué de veiller au grain surtout concernant la chaîne alimentaire, sont porteuses de beaucoup de risques. Les consommateurs doivent désormais faire attention à ce qu’ils mangent.

On est plus sûr que jamais que l’actuel patron de l’ONSSA (Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires), Abdellah Janati, est friand des effets d’annonce qui donnent l’impression que l’institution qu’il dirige accomplit sa mission bien comme il faut.
En fait, l’Office est beaucoup plus visible à travers ses communiqués qu’à travers des actions concrètes sur le terrain. Le 11 septembre 2019, la Cour des comptes, dans son rapport annuel 2018, relève de nombreux manquements, notamment un manque de contrôle dans les opérations de protection sanitaire.

Des infractions persistantes
Lors de sa création en 2009, l’ONSSA s’est vu fixer comme objectif «la préservation de la santé des animaux et des végétaux et la sécurité sanitaire le long de toute la chaîne alimentaire». Or, la Cour rappelle la difficulté d’assurer cette mission avec les moyens humains et budgétaires actuels. «Au titre de l’exercice 2018, l’Office a disposé d’une enveloppe budgétaire globale de 1,25 milliard de dirhams et comptait parmi ses effectifs 1.775 agents», rappelle la CDC, qui juge ces moyens insuffisants. Le rapport pointe principalement le manque de ressources humaines au sein de l’ONSSA: «les besoins de l’ONSSA en personnel, toutes catégories confondues, sont importants, d’autant plus qu’un nombre considérable de départs à la retraite a eu lieu ces dernières années (562 départs depuis 2013) et avec un rythme de plus en plus soutenu».

Le rapport souligne qu’au Maroc, le taux d’encadrement pour les contrôles des produits végétaux est de 1 inspecteur pour 500.000 habitants. Ce ratio est de 1 inspecteur pour 17.000 habitants en France et 1 inspecteur pour 5.000 habitants au Canada, à titre de comparaison.
Dans la réponse, le directeur de l’ONSSA reconnait la carence en moyens humains. D’après lui, «une réduction de 26% des effectifs a été enregistrée entre 2010 et 2018. De surcroît, et par rapport aux normes d’encadrement et du benchmark avec certains pays d’un niveau de développement similaire au Maroc, le besoin requis en ressources humaines supplémentaires est de 1.900 agents». Ce qui signifie que pour effectuer correctement ses missions, l’ONSSA devrait plus que doubler ses effectifs sur le terrain. Le responsable reconnaît, c’est bien. Mais il n’a rien fait pour y remédier.

Ces manquements pointés par la Cour des comptes touchent différents secteurs phytosanitaires. Premièrement, les produits contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM): «Il n’existe pas actuellement au Maroc d’encadrement juridique pour les OGM malgré le débat international sur leurs risques potentiels sur la santé». Aussi, «l’importation de produits alimentaires contenant des produits issus d’OGM est tout simplement interdite. Or, il s’avère qu’il est aujourd’hui impossible pour les autorités sanitaires de se prononcer sur la présence d’OGM dans les produits alimentaires importés, si cela n’est pas mentionné dans l’étiquetage». Consommateurs marocains, à vos risques et périls !

Un autre point qui montre la complaisance de cette institution et de son directeur visà- vis des grandes enseignes de la grande distribution appartenant à des groupes influents. Ainsi, concernant l’approvisionnement et le respect des normes phytosanitaires, la Cour pointe les infractions récurrentes des grandes et moyennes surfaces (GMS). «La plupart des enseignes de la grande distribution ne s’approvisionnent pas systématiquement auprès d’établissements agréés ou autorisés sur le plan sanitaire par l’ONSSA», signale la Cour des comptes. Malgré des rappels à l’ordre de l’ONSSA, ces infractions persistent. Contrôle, où es-tu?

Résidus de pesticides
Sur la question des pesticides, la Cour explique dans son rapport que le respect de la durée avant récolte (DAR) n’est pas assuré. «Ainsi, le non-respect de cette durée par les producteurs peut engendrer l’existence au niveau des fruits et légumes d’un taux élevé de résidus de pesticides, qui risque de causer de graves problèmes à la santé humaine et nuire à l’environnement […] Les produits destinés au marché local sont hors contrôle en matière de traçabilité et de connaissance sur leurs contenus en résidus de pesticides», notent les auteurs du rapport.

Pire encore, la Cour signale également que «les services de l’ONSSA n’interviennent pas au niveau des marchés de gros de fruits et légumes, car ils considèrent que ces structures ne sont pas suffisamment organisées et qu’il y a absence de traçabilité des fruits, légumes et aromates (FLA) depuis l’exploitation jusqu’au marché de gros». L’ONSSA met évidemment en péril la santé des consommateurs.

Dans son rapport, la Cour des comptes dénonce aussi la dépendance de l’office du ministère de l’Agriculture. La Cour y voit un paradoxe entre les objectifs du ministère et son plan Maroc Vert, visant à augmenter la productivité et le rendement agricole, et la mission de l’ONSSA, qui consiste «à veiller à une utilisation rationnelle de ces produits (engrais, pesticides) et en contrôler la teneur (résidus) dans les produits alimentaires».

Ces manquements sont dangereux et ne peuvent passer inaperçus. La justice devra s’emparer de ce dossier pour définir les responsabilités dans un pays où le taux et les cas de cancer augmentent de manière impressionnante et inquiétante en l’absence d’un diagnostic précis des causes. Aussi, dorénavant, et comme l’ONSSA est, comme toute institution publique dont les cadres et employés sont en contact direct avec plusieurs intervenants et que la tentation est omniprésente, il va falloir que les cadres de cette institution fassent une déclaration de leurs biens, au moment de leur entrée en fonction comme au cours de leurs années de service.


1 commentaire

  • Une personne qui dis la vérité

    31 Janvier 2020

    Bonjour, Le marché phytosanitaire au maroc cest vraiment la jungle, et l'onssa apart le manque d'effectifs cest surtout la corruption qui règne. Qu'on cest des petits vendeur il respecte la procédure et ne céde rien mais qu'on cest des sociétés qui donne des enveloppes sous la table et des cadeaux comme les dernières tablettes et dernier ordinateur tous est permis meme si cest société met la vie du gens en péril mais c'est pas grave. C'est malheureux qu'on trouve une société installée à rabat la capital dans la zone industriel pas loin du fleuve et que leur activité principale et l'importation et la distribution des produits phytosanitaire mais lentreposage est autorisée sur le siège à aitmelloul. Et cette société ne respecte rien, stockage à rabat en dessous des bureau, produit toxic inflamable et dangereux. Des employés qui respire tous les jours des produit nocifs . En plus de ça ils font le conditionnement alors qui ont meme pas l'autorisation, des ouvriers avec des combinaisons qui respecte pas les normes et un contrôle onssa qui passe normale les produit conditionné sont envoyé dans les égaux et directe bouregreg. Il est le contrôle de lonssa surtout cest la capital, cest dans des patelins. Sans parler d'autres problèmes

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