Les facilités de trésorerie et les prêts aux ménages dopent le crédit bancaire

Point de crédit à l’investissement, point de relance

Au moment où les facilités de trésorerie se renforcent, les crédits à l’investissement reculent, ce qui confirme l’ampleur de l’impact de la crise de la Covid-19 sur la situation financière des entreprises.

Après avoir crû de 4,5%, et de 5,3% un an plus tôt, le crédit bancaire continue de progresser sur un rythme moins prononcé qu’en 2020, soit une hausse annuelle de 2,9%. À fin août 2021, l’encours a atteint 963,6 milliards de dirhams, selon les chiffres publiés par Bank Al-Maghrib.

Sur les huit premiers mois de 2021, la progression du crédit bancaire a profité essentiellement au secteur non financier (+3,5% à 842 milliards de dirhams), particulièrement aux ménages et aux entreprises privées.

Pour ces dernières, les prêts ont augmenté de 2,4% à 402 milliards de dirhams. Une hausse qui cache néanmoins des évolutions mitigées, selon la nature du prêt accordé aux entreprises non financières privées. Ainsi, au moment où les facilités de trésorerie se sont renforcées de 8,2% à 189 milliards de dirhams-ce qui confirme l’ampleur de la crise de la Covid-19 sur la situation financière des entreprises et leurs besoins accrus de liquidités due aux dépenses urgentes-, les crédits à l’équipement ont reculé de 4,3% à 101 milliards de dirhams.

Les prêts immobiliers ne sont pas en reste puisqu’ils ont chuté de 5,5% à 51 milliards de dirhams pour les sociétés non financières privées, sur un encours global des crédits immobiliers (tous clients confondus) de 288 milliards de dirhams à fin août (+3,6%). Par ailleurs, selon Bank Al Maghrib, même la baisse des taux d’intérêt d’un trimestre à l’autre, de 19 pb (points de base), à 4,06%, n’a eu l’impact tant espéré sur les nouveaux crédits bancaires destinés aux entreprises, qu’elles soient grandes (de 18 pb, à 3,71%) ou TPME (de 6 pb, à 4,83%).

Croissance annuelle
Seuls les prêts au logement aux ménages sont sortis du lot, puisqu’ils ont enregistré une croissance annuelle de 5,5% à fin août, à 364,4 milliards de dirhams, portée essentiellement par une augmentation de 6,2% des prêts à l’habitat. Le financement participatif destiné à l’habitat, sous forme notamment de Mourabaha immobilière, poursuit sa progression à deux chiffres, soit 55% à 14,6 milliards de dirhams, après 9,4 milliards dirhams une année auparavant.

Le secteur public, lui aussi, ne s’en sort pas au mieux, puisque le crédit bancaire qui lui est destiné s’est tout simplement stabilisé à 75,24 milliards de dirhams. Cette évolution reflète une baisse de 3,1% des crédits alloués aux entreprises publiques à 51 milliards de dirhams. Contrairement aux administrations locales, qui ont vu les prêts en leur faveur se renforcer de 7,4% à 24,3 milliards de dirhams.

Cette baisse des encours de crédit bancaire, notamment, aux entreprises privées, est d’autant plus inquiétante qu’elle se déroule à un moment ou les créances en souffrance du secteur bancaire se sont accrues de 8,6% à 84,04 milliards de dirhams, dont 47 milliards sur les entreprises non financières privées (+8,4%).