Les initiatives se multiplient pour fabriquer des équipements médicaux localement

Une révolution industrielle marocaine, enfin?

Nulle meilleure opportunité pour épouser de plain-pied la révolution industrielle que maintenant.

Combinaisons, casaques, head wear, shoe covers:, le Maroc dispose déjà de ces produits textiles de prévention, nécessaires au personnel médical marocain dans sa réponse à la pandémie de Covid-19, en quantités suffisantes. Le 31 mars 2020, la société “Lamatem”, filiale du groupe casablancais “Novatis” spécialisée dans la production de ce type de produits, a annoncé avoir mis en place sous l’impulsion du ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Économie verte et numérique, un plan de production pour en fournir à l’Etat. Pour ce faire, elle mettra à contribution l’usine qu’elle avait inaugurée fin octobre à Berrechid et qui était venue réduire la dépendance à l’étranger du Maroc en la matière, dans la mesure où le Royaume se devait jusqu’ici d’importer la majorité du textile médical qu’il utilise. Ce qui, au vu de la situation actuelle surtout, apparaît avoir été bien pensé.

Ayant mobilisé un capital de l’ordre de 109 millions de dirhams, l’usine en question peut produire jusqu’à 6 millions d’unités par mois. Pour le Maroc, la pandémie actuelle peut être l’occasion de multiplier les initiatives à l’avenant non seulement pour parer à ses besoins actuels, mais aussi, pour disposer ultérieurement d’un “trésor de guerre” à même de lui permettre de renforcer son tissu de production de matériel et équipements médicaux et devenir éventuellement exportateur, et ne plus être à la merci de fournisseurs basés à l’extérieur de ses frontières.

Le ministère de l’Industrie semble conscient, selon certains signaux émis depuis le déclenchement de la pandémie, de cet enjeu. Par le biais de Maroc PME, l’ancienne Agence nationale pour la promotion de la petite et moyenne entreprise, il a lancé le 29 mars un programme visant à financer dans une limite de 30%, avec un plafond respectif de 10 millions et 1,5 million de dirhams, les PME et TPE fabriquant les produits d’hygiène comme les gels aseptisants, les équipements de protection individuelle et les solutions de décontamination des surfaces et du matériel médical.

Protection individuelle
Le potentiel est en tout cas là, et on a vu de nombreuses compétences émerger à mesure que la pandémie battait de plus en plus son plein dans le Royaume. D’eux-mêmes et sans même chercher à obtenir de bénéfice financier en contrepartie de leur effort, quelque 200 ingénieurs réunis dans le collectif “Ingénierie vs. Covid-19” ont initié un véritable réseau de production de boucliers faciaux et de systèmes de respiration électroniques et mécaniques à Casablanca et Rabat en passant par Marrakech et Tanger et font désormais des émules dans d’autres pays africains, pour ne citer que le Sénégal. A Kénitra, la start-up d’intelligence artificielle “AI Inside”, elle-même sans soutien, a développé un appareil intelligent capable d’identifier les personnes potentielles infectées par le SARSCov- 2, le virus responsables du Covid-19.

Ce qui vaut au demeurant pour l’industrie médicale l’est également pour les autres industries; ne manque que le volontarisme de l’Etat pour enfin épouser de plain-pied la révolution industrielle, et nulle meilleure opportunité pour ce faire que maintenant.


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