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Le secteur des exportations ne fait pas partie des priorités du gouvernement pendant cette crise de COVID-19

Dans un contexte hostile et défavorable, plusieurs exportateurs sont menacés de faillite. Hassan Sentissi, président de l’ASMEX, critique l’indifférence du gouvernement.

Comment se porte le secteur des exportations pendant cette crise de Covid-19?
Globalement, il se porte très mal. Plusieurs exportateurs sont menacés de faillite. Les secteurs de l’automobile, l’industrie électrique, l’industrie mécanique ainsi que le textile sont à l’arrêt. Néanmoins, cette dernière filière, avec sa reconversion dans la production des masques de protection, est en train de négocier sa survie. Quant à l’industrie pharmaceutique, elle est plus que jamais soumise à des autorisations pour exporter. Seuls les producteurs des produits alimentaires et des produits de la mer semblent actuellement tirer leur épingle du jeu.

Le gouvernement de Saâd Eddine El Othmani soutient-ils les secteurs d’exportation les plus touchés?
D’abord, je tiens ici à critiquer l’absence d’un représentant du secteur des exportations dans le Comité de Veille économique, présidé par le ministre de l’Economie et des Finances. Je trouve sincèrement dommageable que ce Comité national n’ait pas intégré un représentant de notre secteur. Cela veut dire que ce secteur, pourtant stratégique pour l’économie nationale, ne fait pas partie des priorités du gouvernement pendant cette crise de Covid-19. Donc, le soutien public aux exportateurs est très faible ou alors insuffisant. Nous avons écrit plusieurs lettres au Chef du gouvernement et au ministre de l’Economie et des Finances. Mais nous n’avons reçu aucune réponse de leur part.

Quels sont les principaux problèmes rencontrés actuellement par les exportateurs?
Des problèmes d’ordre financier. Les exportateurs manquent de fonds de roulement pour payer leurs charges. Ils font également face à des commandes en chute libre sur les marchés européen et asiatique, frappés de plein fouet par le Covid-19. Dans ce contexte hostile, l’accès au financement et à l’assurance sont devenus réellement compliqués. Il y a aussi la priorité donnée par le gouvernement au marché local. Ce qui fait que les exportateurs de certains produits alimentaires sont frappés d’interdiction d’exporter.

Qu’en est-il du taux de change du dirham?
Un malheur ne vient jamais seul. Ce contexte international, particulièrement hostile et défavorable, est accentué par l’augmentation du taux de change du dirham face à l’euro et au dollar sans qu’aucune décision ne soit prise à cet effet par la Banque Centrale.

Que propose l’Asmex pour sortir de cette crise?
Je pense qu’il faut mettre en place des mesures plus fortes. Notamment une exonération fiscale de l’IS à concurrence d’une partie du chiffre d’affaires. Cette mesure permettrait ainsi aux exportateurs d’être plus compétitifs sur le marché local, d’y trouver des débouchés, de maintenir leur chaîne de production et de sauvegarder les emplois.