Exclusion des ports Espagnols de l'opération Marhaba 2021: Un manque à gagner de 1,15 milliard d’euros

L’exclusion des ports espagnols de l’opération Marhaba 2021 entraînera une perte de plus d’un milliard d’euros pour les opérateurs ibériques et pourrait affecter des milliers d’emplois.

Après avoir subi de plein fouet les effets de la pandémie de Covid- 19, les ports espagnols espéraient sortir la tête de l’eau avec l’opération Marhaba 2021. Grande fut leur déception quand ils ont su que le gouvernement les a une nouvelle fois exclus du circuit maritime des Marocains résidant à l’étranger (MRE), au profit des ports de Sète, Marseille et Gênes.

Une désagréable surprise, surtout en ces temps de crise. «On espère qu’il y aura un retour sur la décision, car on parle de milliers d’emplois dans les structures comme les compagnies maritimes, les stations-services, les hôtels, les restaurants, les agences de voyages, etc.», a déclaré José Ignacio Landaluce, maire d’Algésiras, au site espagnol ABC, qui estime que cette décision est une «catastrophe».

Un qualificatif qui est loin d’être anodin, si l’on sait que plus d’un tiers des passagers et la moitié des véhicules en partance pour le Maroc via l’Espagne transitaient par le port d’Algésiras. Cette exclusion aura de lourdes conséquences pour le port d’Alméria, qui a accueilli plus de 580.000 passagers lors de l’opération Marhaba 2019, soit 4,2% de plus qu’en 2018, d’après Jesùs Caicedo, président de l’Autorité portuaire d’Alméria (APA) cité par le site Europapress.

Des pertes énormes
Concrètement, cette non-participation des ports espagnols entraînera un manque à gagner de 1,15 milliard d’euros, révèle La Razon, dans son édition du 7 juin 2021. Ce qui représente, selon le quotidien espagnol, l’ensemble des dépenses effectuées par les MRE pour la nourriture, l’hébergement dans les hôtels, les billets de ferry et dans les stations- services.

Le directeur commercial de la société FRS, qui s’active dans le transport maritime, confirme ces pertes énormes en déclarant à la chaîne espagnole Antena 3 qu’«au niveau de la facturation, l’opération de traversée du détroit représente à elle seule 500 millions d’euros.» Manuel Piedra, président de l’Association des entrepreneurs des services portuaires de la baie d’Algésiras, explique à l’agence EFE que «chaque escale d’un navire dans un port génère des milliers d’euros de chiffre d’affaires dans de nombreux secteurs: le pilote, le remorqueur, le fournisseur, celui qui collecte les déchets, la blanchisserie, tout un amalgame de sociètés de services».

Autant dire que c’est un grand pan de l’économie espagnole qui risque d’être submergé par ce choix du ministère des Affaires étrangères et des Marocains résidant à l’étranger. Une situation très délicate qui a fait réagir le gouvernement de Pedro Sanchez. La ministre des Finances et porte-parole du gouvernement, Maria Jesùs Montero, a affirmé, mardi 8 juin 2021, à la presse locale «le respect par gouvernement espagnol de la décision du Maroc de suspendre l’opération Paso del Estrecho (opération Marhaba, ndlr) pour la deuxième année consécutive».

Une déclaration faite à l’issue d’un Conseil des ministres qui s’est tenu le même jour à Madrid. D’après la ministre, cette décision marocaine «répond à des critères strictement sanitaires», battant en brèche la tension politique actuelle qui serait à l’origine de ce boycott maritime. Une manière subtile pour calmer les tensions et pousser les autorités marocaines à changer d’avis pour le retour des MRE? Probable.