Une excellente campagne agricole en perspective

Une bonne pluviométrie et un accompagnement soutenu

Malgré un démarrage difficile, l’actuelle campagne agricole s’annonce très prometteuse. Les productions de différentes cultures, notamment céréalières, seront satisfaisantes. La mobilisation du groupe Crédit Agricole du Maroc en faveur de la stratégie agricole et des agriculteurs a été renforcée.

Pilier essentiel de l’économie marocaine, l’agriculture pèse lourd dans le produit intérieur brut (PIB). Bon an mal an, les résultats d’une campagne agricole impacte sérieusement toute l’activité économique. Et après deux saisons marquées par la sécheresse, la campagne 2020-2021 s’annonce très prometteuse. A s’en référer même au ministre de l’Agriculture, Aziz Akhannouch, lundi 19 avril 2021, à la Chambre des représentants, la campagne agricole de cette année sera bonne à très bonne.

Malgré un démarrage difficile, caractérisé par un déficit pluviométrique s’élevant à 10% par rapport à la normale, M. Akhannouch assure que cette saison est sur les bons rails grâce aux pluies enregistrées depuis le mois de novembre 2020, qui étaient importantes et bien réparties sur l’ensemble des régions du Royaume. Des pluies abondantes qui ont bien relevé le moral des agriculteurs. Les précipitations de novembre les ont encouragés à semer 4,2 millions d’hectares en céréales d’automne, dont 44% de blé tendre, 34% d’orge et 22% de blé dur.

L’élargissement de la superficie cultivée aura bien entendu des incidences positives sur le secteur de l’élevage, dont la croissance augmentera de 3% cette année. A vrai dire, après une campagne céréalière 2019-2020 faible, le département de l’Agriculture s’est bien préparé pour réussir la campagne agricole 2020- 2021. Dans les faits, près de 1,6 million de quintaux (q) de semences ont été réservés, dont 1,5 million auprès de la SONACOS et 100 mille au niveau du secteur privé, pour assurer le bon déroulement des semis et l’approvisionnement du marché dans les meilleures conditions. Aussi, le soutien de l’État aux prix s’élève à 175 DH/q pour le blé tendre, 200 DH/q pour le blé dur et 325 DH/q pour l’orge. Le département de l’agriculture a également alloué une superficie de 507.000 hectares aux herbages et une superficie de 58 à 69 mille hectares aux cultures sucrières.

Bonnes perspectives
Tout indique que la production nationale en céréales sera satisfaisante cette année. Ce qui implique une baisse des importations. Par rapport aux besoins et à la production nationaux en céréales et plus particulièrement au blé, le ministre Akhannouch a indiqué que les droits de douane à l’importation des céréales seront revus à la hausse, afin de donner la priorité à la production nationale. Par ailleurs, les cultures maraîchères s’étalent sur plus de 61.000 ha. La production attendue devra couvrir les besoins de consommation et d’exportation jusqu’à la fin de l’année en cours.

Le département de l’Agriculture s’attend à une hausse de 28% de la production des agrumes, de 14% des olives et de 4% des dattes. La production nationale, qui dépend du climat des mois d’avril et mai, couvrira dans les meilleurs des cas les besoins de consommation jusqu’en septembre 2021. Pour ce qui est des légumineuses, M. Akhannouch a précisé qu’elles occupent actuellement une superficie d’environ 168.000 ha. Celle dédiée à la betterave à sucre s’étale sur 46.155 Ha. La bonne nouvelle, c’est que près de 3 millions de tonnes de betterave à sucre seront récoltés nonobstant la raréfaction des réserves d’eau dans les arrondissements de Doukkala et de Moulouya. Somme toute, les bonnes perspectives de cette saison agricole, et de la récolte céréalière, notamment, sont très rassurantes.

Le GCAM, une approche participative
Aux côtés du ministère de l’Agriculture, la mobilisation du groupe Crédit Agricole du Maroc (GCAM) pour cette saison agricole et pour l’accompagnement de la stratégie «Génération Green 2020-2030» a été, pour le moins qu’on puisse dire, forte. Après avoir débloqué plus de 70 milliards de DH entre 2009 et 2020 pour les différents programmes du Plan Maroc Vert, le GCAM renforce son soutien à la nouvelle stratégie agricole en adoptant une approche participative associant l’ensemble des parties prenantes, particulièrement les fédérations interprofessionnelles de l’agriculture.

Après une série de rencontres organisées, entre novembre 2020 et mars 2021, pour déterminer pour chaque interprofession les mesures dédiées, le groupe CAM a signé 21 conventions avec différents partenaires lors d’un grand symposium organisé le 23 mars 2021 en collaboration avec le ministère de l’Agriculture et la Confédération marocaine de l’agriculture et de développement rural (Comader). Ainsi, des conventions ont été signées avec chacune des 18 interprofessions. Elles visent à accompagner l’ensemble des filières dans l’opérationnalisation des objectifs fixés dans le cadre de leurs contrats-programmes 2021-2030 en facilitant l’accès aux financements du groupe CAM à l’ensemble des opérateurs, afin de favoriser l’atteinte des objectifs de la stratégie Génération Green 2020-2030.

Pour la saison agricole en cours, le groupe a doublé sa mise habituelle. Il a alloué un budget de 8 milliards de DH pour l’accompagnement de la campagne agricole 2020-2021, au lieu des 4 milliards traditionnellement engagés lors de chaque campagne. Cette montée en puissance servira principalement l’opérationnalisation des grands axes de la nouvelle stratégie Génération Green. Dans le détail, 4 milliards de DH sont dédiés à l’agriculture et 3 milliards à l’agro-industrie à travers des crédits de fonctionnement et d’investissements, en plus de 1 milliard de DH pour l’encouragement de la création d’une classe moyenne dans le milieu rural et le développement de l’entrepreneuriat.

Il est vrai que l’apport du PIB agricole est important dans la croissance économique, mais au-delà de la conjoncture, le stratégie Génération Green 2020- 2030 vise un double objectif: d’abord la sécurité alimentaire, qui passe par une combinaison de productions locales et de compléments achetés à l’international et le renforcement de l’inclusion et du développement des populations rurales.

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