SPÉCULATIONS AUTOUR DE L’ÉVENTUELLE ANNULATION DE L’AÏD EL ADHA

LE MAROC FRANCHIRA-T-IL LE PAS ?

Beaucoup craignent une envolée des contaminations de Covid-19, sachant que les retrouvailles familiales sont des habitudes ancrées dans la tradition marocaine pendant cette fête.

La fête du mouton de cette année, qui devrait avoir lieu vers début août 2020, est exceptionnelle à plus d’un égard. Alors que la crise sanitaire et économique bat toujours son plein, avec ses conséquences dramatiques aussi bien pour les agriculteurs et les éleveurs que pour les familles marocaines, les spéculations sur une éventuelle annulation du sacrifice vont bon train.

Mais rien n’est vraiment sûr. Pour le ministre de l’agriculture et de la pêche maritime, Aziz Akhannouch, les préparatifs pour l’organisation de cette fête ne sont pas arrêtés. Il a affirmé, notamment lors de sa prestation parlementaire, que l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), a procédé jusqu’à présent à la vaccination de 21 millions d’ovins et 2,5 millions de bovins. Quant aux marchés du bétail, le ministre précise que 70 d’entre eux seront rouverts d’ici le 10 juin. Une réouverture qui sera menée en coordination avec le ministère de l’Intérieur. Beaucoup de Marocains dont la situation économique et financière est laminée par cette crise du Covid-19 se posent sérieusement la question sur comment ils vont payer ce mouton et tous les frais qui gravitent autour du rituel du sacrifice. D’où les appels à son annulation, lancés sur les réseaux sociaux. Mais, du côté des Oulémas, la prudence est de mise.

Pure spéculation?
Joint par nos soins, Docteur Mostafa Benhamza, membre du conseil supérieur des Oulémas et président du conseil provincial des Oulémas d’Oujda, affirme que «Tout ce qui circule sur une éventuelle annulation de cette fête n’est que pure spéculation. Car le conseil supérieur des Oulémas, qui devrait bientôt se réunir, n’a pas encore émis une fatwa dans ce sens». «Aussi, c’est à S.M. le Roi Mohammed VI, Commandeur des Croyants, que revient la décision finale», tient à préciser le alem d’Oujda. En attendant cette décision, qui sera certainement prise en fonction de l’évolution de la pandémie dans le pays, beaucoup craignent que l’organisation de la fête provoque une envolée des contaminations, sachant que les retrouvailles familiales sont des habitudes ancrées dans la tradition marocaine pendant cette fête.

Le Maroc a déjà annulé trois fois ce sacrifice, du temps de feu S.M. le Roi Hassan II. La première, c’était en 1963 pendant la Guerre des sables, la deuxième en 1981 et la troisième fois en 1995. Ces deux dernières fois ont été motivées par la sécheresse et la mauvaise année agricole. Cette fois-ci sera-t-elle la quatrième? Réponse dans les semaines à venir


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