L’ÉVÉNEMENTIEL ASPHYXIÉ

LES PRESTATAIRES DE L’ÉVÉNEMENTIEL EN APPELLENT AU GOUVERNEMENT

Ce sont des milliards de dirhams mais aussi près de 150.000 emplois que le Maroc pourrait perdre dans un secteur qui représentait en 2019 près de 5% du PIB.

Une des premières décisions prises par les autorités dès lors que le premier cas de Covid-19 avait été recensé au Maroc, le 2 mars, avait été d’annuler la quinzième édition du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM), qui devait se tenir du 14 au 19 avril, et ce comme chaque année depuis sa première édition en 2006 à Meknès. Normal bien sûr et même exigible, tant la santé des citoyens doit, en dernier ressort, toujours primer, mais aussi illustratif de l’impact qu’a la pandémie actuelle de Covid-19 sur l’événementiel marocain dans son ensemble. Ainsi, selon le Groupement professionnel des prestataires de l’événementiel au Maroc (GPPEM), présidé par Aziz Bouslamti qui réunit les professionnels du secteur et s’en considère comme le porte-parole, l’écosystème de l’industrie de l’événementiel (EIE) devrait enregistrer, au cours de cette année, une baisse de son chiffre d’affaires global de l’ordre de 70%. Catastrophique à tout le moins, surtout si l’on sait que cet EIE constitue pour près de 5% du produit intérieur brut (PIB) national -63 milliards de revenus au total, en 2019-, et qu’il emploie, directement ou indirectement, 190.000 personnes: à en croire le GPPEM, seules 40.000 de ces personnes ne se retrouveraient pas, à terme, sans travail.

Des mesures concrètes
“Le secteur est à l’arrêt quasi total. A part quelques opérateurs qui ont été sollicités durant cette crise pour participer à la mise en place de divers aménagements parfois gracieusement, la grande majorité des professionnels de l’événementiel est au chômage,” déplorait à cet égard, le 24 avril, le président du groupement, Aziz Bouslamti, dans des déclarations à l’agence MAP (Maghreb arabe presse). Moins de trois semaines plus tard, un appel était directement lancé au gouvernement Saâd Eddine El Othmani pour que le secteur de l’événementiel fasse l’objet de “mesures concrètes”, par le biais principalement de la commande publique, en sus de quatre autres leviers que sont la communication et la promotion, le sanitaire, le fiscal et le social et, enfin, le bancaire. “Le maintien de la commande publique est vital pour la survie de l’écosystème de l’industrie événementielle,” soulignait le GPPEM dans un communiqué parvenu le 13 mai à Maroc Hebdo.

Dans le même sens, il y a également lieu de signaler la mesure proposée par la Fédération du commerce et des services (FCS), dans le cadre du plan de relance économique soumis le 21 mai à la discrétion du gouvernement par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), de reporter les marchés liés aux événements ou de les convertir en événements digitaux, de sorte à assurer, selon elle, une visibilité sur le chiffre d’affaires pour l’EIE. En tout état de cause, ce n’est pas que des rentrées d’argent ou des emplois dont le Maroc peut, le cas échéant, se retrouver privé, mais aussi, selon le GPPEM, “un savoir- faire qui permet au Royaume de briller au niveau international”. “Il ne faut pas oublier que l’expertise événementielle marocaine contribue de manière significative à drainer des devises, elle évite aussi de faire appel aux opérateurs internationaux et ainsi de faire sortir ces mêmes devises,” indiquait M. Bouslamti dans le communiqué susmentionné. Assez pour (enfin) faire bouger les choses au niveau du gouvernement?


1 commentaire

  • ben mhammed

    27 Mai 2020

    Déjà on ne comprend pas trop cette chose que vous appelez l'événementiel. Est-ce qu'on parle des boîtes qui se sont spécialisées en festivals en tous genres, concerts de musique, conferences et qui se sont multipliées du jour au lendemain pour exploiter le filon d'or accorde par des gens bienveillants. Ou bien les traiteurs qui s'accaparent tout le reste de l'enterrement jusqu aux circoncisions en passant par les mariages? Si l'on parle de ces gens-là, je vois pas pourquoi ils devraient solliciter l'aide de l'État .De un, ils se sont enrichi pendant des années sur le dos du contribuable ou celui du citoyen .De deux, ils le déclarent eux-mêmes , il y aurait une perte de boulot pour environ 150,000 personnes : traduction, des gens qui ne sont pas déclarés et de qui on profitait pour faire plus de bénéfices puisqu aux yeux de la loi, ils n'apparaissent nulle part donc pas de retraite pas d'assurance medicale, pas d'assurance travaille .rien .Aider ce genre d'établissements non citoyens et qui ne font que profiter du système pour s'en mettre plein les poches serait pour le moins que l'on puisse dire une trahison du pauvre citoyen qui en souffre aussi mais qui n'aura à son tour aucun sou.

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