LES EUROPÉENS TIENNENT PAROLE

PRÊT DE 100 MILLIONS D’EUROS DE LA BEI

Le Maroc vient de se faire accorder 100 millions d’euros par la Banque européenne d’investissement pour l’aider à faire face à la pandémie de Covid-19. Ce qui n’est toutefois pas sans inquiéter eu égard à son niveau de dette.

Chose promise, chose due. Alors que sa vice-présidente, Emma Navarro, s’était engagée via une interview publiée le 10 avril 2020 par l’agence Maghreb arabe presse (MAP) à “apporter tout l’appui nécessaire” au Maroc, la Banque européenne d’investissement (BEI) est passée ce 31 août à l’action en accordant un prêt de 100 millions d’euros au gouvernement El Othmani. Objectif, “financer les besoins les plus urgents du Royaume (...) pour faire face à la pandémie du Covid-19”, comme le souligne un communiqué conjoint où l’on retrouve justement des déclarations de Mme Navarro aux côtés d’autres déclarations du ministre de l’Économie et des Finances, Mohamed Benchaâboun.

La vice-présidente de la BEI s’est ainsi félicitée, rapporte le communiqué, de ce que les 100 millions d’euros aient été débloqués dans “un délai record”. “Il est crucial d’agir rapidement afin de limiter l’impact sanitaire d’une telle pandémie sur la population,” a-t-elle étayé. Pour sa part, M. Benchaâboun a révélé que le prêt servira à l’achat d’équipements et de matériels médicaux et à renforcer les capacités sanitaires et hospitalières nationales.

Un endettement inquiétant
Les 100 millions d’euros de la BEI s’ajoutent à 100 autres millions d’euros que l’Union européenne (UE) avait accordés le 19 mai au Maroc pour apporter un appui financier aux activités sanitaires dans le contexte de la Covid-19 et, plus largement, au plan de réforme du secteur de la santé qu’avait adopté le gouvernement El Othmani en avril 2018. Ces 100 premiers millions d’euros avaient fait l’objet d’une convention signée par M. Benchaâboun ainsi que le ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb, et l’ambassadrice de l’UE à Rabat, Claudia Wiedey.

A rappeler que depuis 2007, le Maroc a bénéficié de plus de 5 milliards d’euros de financements de la part de la BEI, dont 30% dédiés au secteur privé. Ce qui fait du Royaume un de ses principaux bénéficiaires de ses fonds, et d’ailleurs les 100 millions d’euros que la banque vient de lui verser sont les premiers jamais octroyés dans le voisinage méditerranéen de l’UE dans le cadre de la lutte contre la Covid-19. Il n’en reste pas moins que d’aucuns s’inquiètent du niveau d’endettement dans lequel est en train de s’engager le Maroc, dans la mesure où, outre la BEI, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et le Fonds monétaire arabe (FMA), ont d’ores et déjà alloué, au cours des cinq derniers mois, plusieurs milliards de dollars de prêts au gouvernement El Othmani.

De plus, M. Benchaâboun avait annoncé, le 4 août, vouloir émettre 2 milliards de dollars d’obligations à l’international, ce qui constituerait alors la deuxième sortie du genre du Royaume en moins d’un an, après celle du 21 novembre 2019. Pas de quoi vraiment être rassuré.