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L'étau se resserre sur Driss El Azami à Fès

MANIFESTATIONS ET SIT-IN

Le mouvement “Boycott Fès Parkings” fait de plus en plus parler de lui. Cette fois-ci, c’est sous la coupole que des syndicats et partis politiques ont demandé à l’Intérieur d’agir pour mettre fin aux tensions sociales à Fès et pousser le maire Pjidiste de la ville à revoir ses cartes.

Rien ne va plus pour Driss El Azami El Idrissi à Fès. Le maire Pjidiste de la ville est dans de sales draps, et pour cause: la montée en puissance d’un mouvement de protestation improvisé sur Facebook.

Alors qu’il ne comptait que quelques centaines à sa création il y a quelques semaines, ce mouvement 2.0 devrait dépasser la barre fatidique des 40.000 membres ce weekend. Lancé par des jeunes pour protester contre la solution Fès Parkings, ce mouvement civil a vite pris de l’ampleur et s’est traduit, sur le terrain, par plusieurs manifestations et sit-ins.

Le mouvement a été, par ailleurs, cité à maintes reprises sous l’Hémicycle. La Confédération démocratique du travail (CDT) a adressé cette semaine, à la Chambre des conseillers, une lettre écrite au ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit. Le syndicat a demandé à l’Intérieur de prendre des mesures urgentes afin de calmer les tensions sociales survenues ces dernières semaines à Fès à cause de la solution Fès Parkings.

Une solution qui présente, selon la CDT, plusieurs dysfonctionnements et des failles légales, notamment sur sa composante de pose du sabot. Une pratique qui, rappelons-le, a été à plusieurs reprises jugée illégale par les tribunaux marocains. l’Union socialiste des forces populaires (USFP) devrait emboîter le pas à la CDT les prochains jours, en adressant une lettre écrite à Laftit.

Un débat national sur les parkings
El Azami s’est défendu depuis l’émergence de ce mouvement, d’être victime de calculs politiciens, notamment de la part du Parti socialiste unifié (PSU), puisque des initiateurs du mouvement font partie de la jeunesse du parti à Fès. Il devait organiser une conférence de presse le mercredi 20 janvier, qui a été reportée à la dernière minute. Le maire de Fès allait sans doute tirer à boulets rouges sur ses détracteurs «gauchistes», dans une énième volonté de politiser ce dossier.

Mais il faudra aussi tirer sur toutes les associations non partisanes, les artistes, dont Nouamane Lahlou, les gardiens de voitures mis à la porte et également les partis de l’Istiqlal, l’USFP et le Rassemblement national des indépendants (RNI), entre autres. De grandes figures de ces partis politiques au niveau local ont, en effet, été présents lors du dernier sit-in organisé à la place de Florence à Fès.

El Azami va-t-il encore diffuser d’autres «live» sur Facebook, comme il l’a fait pour attaquer Nabila Mounib, secrétaire générale (SG) du PSU, pour s’en prendre aux autres SG du RNI, Aziz Akhannouch, de l’USFP, Driss Lachgar, et Nizar Baraka, SG de l’Istiqlal?

En tout cas, le mouvement civil fassi n’en démord pas. Un communiqué explicatif de ses revendications sera publié vendredi 22 janvier 2021, des pétitions seront lancées début février, en plus d’une conférence de presse et l’ouverture d’un débat national sur la gestion des parkings. Une fois les restrictions sanitaires levées, plusieurs sitins seront organisés à la place de Florence et devant la mairie.

De plus, des questions orales et écrites seront soumises par d’autres partis politiques et syndicats au ministre de l’Intérieur. El Azami, qui s’isole de plus en plus dans son entêtement, n’a qu’à bien se tenir.