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Les Etats-Unis exhortent le Maroc à protéger les minorités religieuses

Quand Washington débat sur les libertés religieuses

L’annonce de cette conférence intervient quelques jours après la publication par l’administration américaine d’un rapport sur les libertés religieuses où le Maroc est cité comme un modèle dans la région. Sauf pour les minorités religieuses, qui subissent parfois des restrictions.

Le débat sur les libertés religieuses ne cesse de s’amplifier dans le monde. Chacun interprète ces libertés comme bon lui semble, mais elles s’imposent de plus en plus dans les sociétés modernes. C’est pour donner un sens à ce débat que les Etats-Unis abritent, du 16 au 18 juillet 2019 à Washington, la 2ème conférence ministérielle sur la promotion de la liberté religieuse.

Organisée par le département d’Etat américain, cette conférence rassemblera un nombre inédit d’organisations de la société civile, de chefs religieux, de hauts responsables afin de mieux comprendre les défis et formuler des stratégies pour faire face à l’intolérance, à la discrimination et aux abus. Selon le gouvernement américain, la promotion de la liberté religieuse à l’échelle internationale pour tous demeure l’un des défis majeurs du 21ème siècle et l’une des grandes priorités de l’administration américaine. Le conclave servira aux participants pour discuter des possibilités de renforcer la collaboration pour promouvoir la liberté de religion et de prendre de nouveaux engagements pour favoriser cette liberté.

Le segment ministériel comprendra aussi des séances de débat avec des experts, des acteurs de la société civile, des chefs religieux, des universitaires et des responsables gouvernementaux. Selon le département d’État, des prix internationaux de la liberté de religion seront remis, à cette occasion, à des personnes qui ont fait preuve d’engagement constant à promouvoir la liberté de religion pour tous. L’annonce de cette conférence intervient quelques jours après la publication par l’administration américaine d’un rapport sur les libertés religieuses pour l’année 2018. Pour le Maroc, le document n’a relevé aucun changement dans les lois pénalisant toute expression portant atteinte à l’islam ou des actions de prosélytisme.

Un cadre juridique rigide
Des sanctions qui demeurent par ailleurs incompatibles avec la signature par le Royaume du pacte international relatif aux droits civils et politiques. Le rapport affirme que les musulmans sunnites et les juifs sont les seuls groupes religieux reconnus dans la Constitution comme étant originaires du pays. Quant aux autres, les chiites, les bahaïs, les ahmadis et les convertis au christianisme, constituant des minorités religieuses, ils subissent des restrictions dans l’exercice de leurs cultes. Le document appuie son constat en citant des cas d’arrestations d’adeptes du christianisme en avril et mai 2017 et d’autres opérées dans les rangs de chiites. Pour le département d’Etat, ces restrictions constituent véritablement une atteinte aux libertés de pensée et de pratique religieuse pour des minorités marocaines ou étrangères, d’où son appel aux autorités marocaines à assouplir le cadre juridique pour permettre à ces minorités de vivre amplement et sereinement leur foi.

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