OMS : Les États-Unis claquent la porte

Organisation mondiale de la santé

De la menace à l’exécution, il n’y a qu’un pas que Washington a franchi ce 6 juillet en notifiant officiellement l’ONU de son retrait de l’OMS.

Il faudra donc s’y habituer: sous peu, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) devra non plus seulement se passer de la contribution financière des États-Unis, que ces derniers avait pour rappel gelée le 14 avril en raison du “rôle” de l’agence onusienne “dans la mauvaise gestion et la dissimulation de la propagation du coronavirus”-dixit le président américain, Donald Trump-, mais aussi de leur présence tout court au sein de ses instances.

En effet, l’Organisation des Nations unies (ONU) s’est vu, ce 6 juillet, officiellement notifier cette décision de la part de l’administration du pays nord-américain, comme elle l’a confirmée par voie de presse deux jours plus tard. C’est le sénateur de l’État du New Jersey, Bob Menendez, qui avait d’abord, sur un ton critique, vendu la mèche le 7 juillet sur Twitter après que le Congrès eût été tenu au courant par M. Trump: pour l’élu appartenant au Parti démocrate (PD), le locataire de la Maison-Blanche persiste, ainsi, dans sa “réponse chaotique et incohérente” qui, selon lui, “laisse les Américains malades et l’Amérique seule”.

La guerre de Trump contre la Chine
Dans le même sillage, le candidat de la même formation aux présidentielles américaines prévues le 3 novembre, Joe Biden, a promis, toujours sur Twitter, que “le premier jour de [sa] présidence, [il] rejoindr[ait] de nouveau l’OMS et rétablir[ait]” le “leadership” de son pays “sur la scène internationale”. “Les Américains sont plus en sécurité lorsque l’Amérique s’engage à renforcer la santé mondiale,” a-t-il commenté. Les critiques à l’égard de M. Trump n’ont par ailleurs également pas épargné le Parti républicain (PR), dont il est issu, et dans ce sens le sénateur de l’État du Tennessee et surtout président de la commission de la santé du Sénat, Lamar Alexander, a exprimé dans un communiqué son désaccord, dans la mesure où même si, d’après lui, “il y a lieu d’un examen bon et attentif aux erreurs que l’OMS a pu commettre en relation avec le coronavirus, (...) le temps de [quitter l’organisation] est après la crise, pas au milieu de celle-ci”.

En tout cas, c’est un nouveau camouflet qu’assène l’administration américaine actuelle au multilatéralisme ayant fondé l’ordre international depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, puisque les États-Unis s’étaient également retirés, au cours des trois dernières années, de l’Accord de Paris sur le climat -le 1er juin 2017-, de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) -le 12 octobre 2017- et du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU -le 19 juin 2018. Mais, surtout, il s’agit du dernier épisode de la guerre opposant depuis son entrée en fonction, fin janvier 2017, M. Trump aux autorités chinoises, que le président américain a de multiples fois accusées d’avoir noyauté l’OMS et fait en sorte que cette dernière cache des informations essentielles relatives à la situation réelle de la propagation de la Covid-19 en Chine, son foyer originel, et sur la dangerosité de la maladie.

Un discours repris d’ailleurs par d’autres chefs d’Etat, à l’instar du président français Emmanuel Macron dans un entretien publié le 16 avril dans le quotidien britannique Financial Times -celui-ci n’a, toutefois, pas voulu mettre en cause l’OMS-, et ce sans doute non sans raison: une étude publiée le 4 mars par l’Université de Southampton, au Royaume-Uni, avait estimé à 67% de cas de Covid-19 qui auraient pu être évités si la Chine avait communiqué seulement une semaine plus tôt sur la maladie, et 95% si elle l’avait fait trois semaines plus tôt.


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