L’ÉTAT D’URGENCE SANITAIRE PROLONGÉ DE TROIS SEMAINES

LE CHEF DU GOUVERNEMENT DEVANT LE PARLEMENT

Le confinement au Maroc est étendu jusqu’au 11 juin 2020. Quand bien même plusieurs conditions sont réunies pour la levée de l’état d’urgence sanitaire, cela ne suffit aux yeux des experts du ministère de la Santé, nous apprend M. El Othmani.

Il ne faut pas trop chercher à comprendre. Le confinement sera prolongé de trois semaines. C’est ce qu’a déclaré Saâd Eddine El Othmani, Chef du gouvernement, ce lundi 18 mai 2020, devant les deux chambres du Parlement. Quand bien même les indicateurs de la propagation du coronavirus sont à un niveau inférieur à la moyenne mondiale et à la norme de sécurité, et que plusieurs conditions sont réunies pour la levée de l’état d’urgence sanitaire, cela ne suffit pas. A titre d’exemple, le taux de reproduction ou de propagation du virus, dont la norme mondiale acceptable est de 1%, il atteint 0,9% au Maroc. Pour M. El Othmani, les experts du ministère de la Santé veulent atteindre 0,7%, “une marge de sécurité”. Aussi, même si ailleurs le taux moyen des cas graves est de 10%, le taux de 1% enregistré au Maroc n’est pas assez rassurant.

Le taux de létalité (nombre de décès par rapport aux cas confirmés) est de 2,8%, en deça de la barre critique de 3%. Quant au taux d’exploitation des unités de réanimation, il ne dépasse guère 4% actuellement. Pour El Othmani, les mesures prises jusqu’ici, qui ont évité au Maroc 6.000 cas de contamination et 200 morts par jour, ont été judicieuses. D’où l’importance de proroger encore la durée du confinement. El Othmani a fait savoir que des mesures de restriction strictes seront appliquées pendant la célébration de l’Aid Al Fitr afin de limiter les déplacements massifs entre villes. Pour le Chef du gouvernement, la non stabilité des cas de contamination de ces derniers jours remet en question toute décision de déconfinement précose.

«La situation demeure stable et sous contrôle, mais pas entièrement rassurante eu égard à l’apparition de temps à autre de foyers familiaux et industriels du virus et à un certain relâchement observé dans le respect des dispositions du confinement. Un tel constat risque de favoriser un retour en arrière à la fois insupportable et difficile à tolérer. Il est inadmissible de mettre en péril les acquis et les sacrifices consentis depuis le début du confinement sanitaire», a-t-il déclaré. Aussi, le Chef du gouvernement a demandé aux opérateurs économiques autorisés de reprendre leurs activités en respectant les consignes sanitaires.

Mais ce qu’il a omis d’expliquer en revanche, c’est pourquoi les usines dont l’activité est non stratégique n’ont pas été fermées et ont été derrière l’apparition de nouveaux foyers et le contrôle des autorités a connu un relâchement depuis le début du mois de Ramadan un peu partout et particulièrement dans les souks et quartiers populaires et comment le Covid-19 s’est infiltré dans nos prisons... C’est dire que si les experts de la santé voient dans ce prolongement un moyen d’éviter le pire, il fallait au moins tirer des enseignements de ces deux premières phases du confinement et que chaque partie assume ses responsabilités dans l’état actuel... C’est le gage même, l’unique, que les mêmes causes n’entraînent pas les mêmes effets. Car sinon, l’exception va devenir la règle.


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