L’ÉTAT DOIT DÉPENSER PLUS, SELON L’OCDE

SYSTÈME DE SANTÉ

Avec seulement 5,2% de son PIB consacré par année à son système de santé, le Maroc reste à la traîne par rapport aux pays analogues. Il est appelé, dans les dix ans, à multiplier par au moins trois ses dépenses en la matière, selon un nouveau rapport.

C’est un fait, les moyens dont dispose à l’heure actuelle le système de santé marocain demeurent, à bien des égards, faméliques. Chose qui, au cours de ces derniers mois de pandémie de Covid-19, s’est avérée problématique et a poussé le roi Mohammed VI à appeler, dans son discours du Trône du 30 juillet 2020, à généraliser l’assurance maladie obligatoire (AMO). Dans le même sens, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) vient de rendre public un rapport qu’elle avait réalisé en novembre 2019 sur la “mobilisation des recettes fiscales pour le financement de la santé au Maroc” et qui souligne l’importance qu’il y a pour l’État marocain à dépenser davantage pour la santé de sa population.

Mobilisation des recettes fiscales
Ainsi, si l’on compare le Royaume à d’autres pays plus ou moins analogues, on trouve qu’il consacre une part moins importante de son produit intérieur brut (PIB), à savoir 5,2%, à son système de santé: cette part est, à titre d’exemple, de 6,9% en Tunisie. Ce qui constitue, en tout et pour tout, 161 dollars par citoyen. Selon l’OCDE, un pays comme le Maroc, considéré comme étant à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, devrait mettre dans la balance une somme près de de trois fois supérieure, de l’ordre de 471 dollars. La conséquence, c’est que ce sont les Marocains qui, majoritairement, continuent de financer leur système de santé, à hauteur de 51%. Trop, et, surtout, une marque de la nature “inéquitable et régressive” du système de santé marocain.

Au niveau de l’AMO par exemple, l’OCDE appelle à une rationalisation des dépenses, sur la base par exemple du renouvellement des conventions nationales ou encore de la tarification nationale de référence, couplée à l’élargissement de l’assiette des cotisations et l’augmentation de leur taux. Ce qui, du reste, rejoint le plan de travail tracé par le roi Mohammed VI dans son dernier discours du Trône.

En outre, l’OCDE défend la mise en place de nombreuses réformes fiscales, en ce qui s’agit notamment des produits néfastes sur la santé tels le tabac et l’alcool qui verraient dès lors leur taxe intérieure de consommation (TIC) augmenter, ou encore la mise en place de taxes environnementales classées comme étant des taxes relatives à la santé, de sorte à doter le système de santé marocain de davantage de moyens.

Ainsi, l’objectif est que, d’ici 2030, ce soit 8,2% du PIB qui soient entièrement dédiés à la santé, faisant par là même passer, en dix ans seulement, le montant alloué à ce titre à chaque Marocain à 419 dollars. Ce qui, par ailleurs, se répercuterait surtout par la multiplication par 2,6 du nombre de médecins et par 3,6 du nombre de personnels médicaux. Simple voeu pieux?.


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