Étape 3, confinement total

IL FAUT ABSOLUMENT SE FAIRE CONFIANCE

Aujourd’hui, au Maroc, il est question de cultiver une culture de confiance entre nous et dans nos institutions.

C’était attendu. Et c’était inévitable. Attendu, le passage à l’étape 3 du confinement, ou tout bonnement le confinement total, est justifié et incontournable. De prime abord, le nombre de personnes contaminées approche à grands pas la barre des 4.000. Ce plafond psychologique qui devrait inquiéter sera finalement atteint dans les heures qui viennent. Le relâchement et l’insouciance constatés ces derniers jours de certains de nos compatriotes, autant dans les grandes villes que dans les patelins lointains, n’en est qu’un facteur. Il y en a un autre, non négligeable et non moins important, à prendre en considération. En vérité, il y a aussi la généralisation relative des tests de dépistage qui a permis de déceler la présence de ce virus fatal chez nombre de personnes ne présentant pas de symptômes patents, visibles. Ce qu’il faut savoir, c’est que ce sont des amis, des proches et peut-être des collègues qui circulent librement, qui nouent contact et qui échangent densément avec nous sans qu’ils ne dégagent le moindre symptôme publiquement reconnu mais qui transmettent le virus qu’ils portent. Ils représentent un danger certain pour la communauté et contribuent à propager le nouveau coronavirus.

Asymptomatiques, ces porteurs du virus doivent être détectés et mis en quarantaine, pour ne pas dire mis «hors d’état de nuire». Et c’est à ce niveau que l’on peut comprendre pourquoi le confinement total était inévitable, voire souhaité. Quand le ministère de l’Intérieur a annoncé, le 23 avril 2020, l’interdiction de déplacement nocturne à compter du 1er Ramadan entre 19H00 à 05H00, dans le cadre du renforcement des mesures de l’état d’urgence sanitaire durant le mois sacré, c’était justement pour faire d’une pierre deux coups. On savait que les Marocains ont pris l’habitude quelques jours à la veille et pendant le Ramadan de faire leurs emplettes, même plusieurs fois par jour. Et l’inavoué, ce sont ces personnes asymptomatiques qui croiseront dans les souks, les marchés, les commerces… cette grande foule friande des mets et recettes atypiques de ce mois sacré.

Il fallait agir au plus vite. Aussi, avant l’annonce de la Fatwa du conseil supérieur des oulémas interdisant les Tarawihs, sur le net, des appels inconscients ont circulé pour des prières surérogatoires clandestines qui soi-disant respectent des consignes de sécurité (1 mètre de distance entre deux fidèles…). Fallait- il patienter et prendre le risque de voir ces «insoumis» infidèles aux consignes du confinement commettre l’irréparable? Absolument pas. Derrière les vieux bâtiments qui abritent les responsables de la sécurité de ce pays, il y a des stratèges. Des têtes bien pensantes qui ont bien su gérer cette crise sanitaire, avec les particularités et les spécificités de la culture marocaine et en prenant en compte la mentalité marocaine. Oui, ce sont des éloges. Amplement mérités. Car en Italie ou en France, pays auxquels une large catégorie de Marocains aiment se référer et que la moindre est magnifiée, le passage au stade 3 a été retardé et dont le point de déclenchement a été dilaté. La résultante est in fine indescriptible, macabre.

Aujourd’hui, au Maroc, et dans les conditions actuelles, il est question de cultiver une culture de confiance entre nous et dans nos institutions, même si certains avancent que son capital a été réduit telle une peau de chagrin. Il faut absolument se faire confiance. S’ils décrètent le confinement total, c’est dans notre intérêt. Heureusement, la grande majorité l’a compris. L’heure est grave. Il faut se mobiliser pour dépasser cette époque la tête haute, en prenant soin bien entendu, une fois arrivés au quai de la sûreté, de marquer avec un feutre les erreurs à ne pas reproduire.


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