L'espoir d’une libération imminente est-il permis ?

NASSER ZEFZAFI ET SES COMPAGNONS ARRÊTENT LEUR GRÈVE DE LA FAIM

Le leader du Hirak du Rif a cessé sa grève de la faim quand il a perdu conscience après 25 jours sans s’alimenter. Alors que plusieurs activistes du mouvement ont été libérés, fin juillet 2020, bénéficiant d’une grâce royale, Nasser Zefzafi et ses codétenus purgent toujours leurs lourdes peines.

L’affaire du Hirak dans le Rif ne cesse de connaître des rebondissements spectaculaires. Si sur le terrain de la contestation, dans la ville d’Al Hoceima, il semble qu’il ne se passe plus rien depuis déjà trois ans, dans les geôles où sont incarcérées les principales figures de ce mouvement, les choses sont toujours mouvementées. Dernière actualité en date: le leader du Hirak, Nasser Zefzafi, et six de ses codétenus, ont suspendu, le mardi 8 septembre 2020, leur grève de la faim qu’ils avaient entamée il y a trois semaines. C’est le père de Nasser, Ahmed Zefzafi, qui a annoncé cette bonne nouvelle aux médias.

Nasser Zefzafi et le numéro deux du Hirak, Nabil Ahamjik, incarcérés dans la prison de Ras El Ma, à Fès, où ils purgent une peine de 20 ans de prison ferme, avaient été les premiers à cesser de s’alimenter pour obtenir leur libération. Ils avaient été suivis par cinq autres détenus, condamnés, comme eux, pour leur participation aux protestations qui ont agité le nord du Maroc en 2017. Nasser Zefzafi a cessé sa grève de la faim quand il a perdu conscience après 25 jours sans s’alimenter. Cet homme de 40 ans, qui avait notamment appelé l’Etat à prendre ses responsabilités en offrant une vie digne aux habitants d’Al Hoceima qui vivent dans le chômage et la pauvreté, a été condamné, entre autres, pour atteinte à la sécurité de l’Etat.

Apaiser la tension politique
Ses compagnons, répartis dans d’autres prisons, purgent depuis 2018 des peines allant de 15 à 20 ans d’emprisonnement dans trois établissements pénitentiaires. Les protestations dans la ville d’Al Hoceima ont été déclenchées par la mort, en octobre 2016, d’un vendeur de poissons, broyé dans une benne à ordures en tentant de s’opposer à la saisie de sa marchandise. Les contestations ont duré plusieurs mois avant de s’estomper après des vagues d’arrestations. Des centaines de militants du mouvement ont été incarcérés, selon des estimations d’associations. La plupart ont toutefois purgé leurs peines ou ont été graciés. La dernière grâce a été accordée par S.M. le Roi Mohammed VI à 24 prisonniers fin juillet 2020, alors qu’une vingtaine d’autres sont toujours en détention.

Plusieurs ONG nationales et internationales de défense des droits de l’Homme appellent, en effet, à la libération de Nasser Zefzafi et ses compagnons. Une libération destinée à apaiser la tension politique qui règne actuellement dans le pays. Mais aussi un acte qui devrait davantage crédibiliser les évènements d’octobre 2017 marqués par le limogeage royal de 4 ministres et plusieurs hauts responsables après leur implication dans les malversations révélées par la Cour des comptes concernant le programme de développement de la ville d’Al Hoceima.

Un séisme politique qui a été salué par les Marocains. Aujourd’hui, ces derniers réclament la libération imminente des détenus du Hirak. Car, il y va, selon eux, de la crédibilité de l’Etat.


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