L'Espagne propose un "espace de prospérité partagée avec le Maroc" à Sebta et Mélilia

Le gouvernement Pedro Sanchez prône le bon voisinage

C’est la première fois que l’Espagne tente de trouver une solution mutuellement acceptable au niveau des deux enclaves. Un changement radical qui ne peut passer inaperçu.

En voici une preuve de plus que la diplomatie ferme du Maroc commence à porter ses fruits, particulièrement avec le voisin ibérique. Le gouvernement espagnol de Pedro Sanchez a commandé une étude pour 600.000 euros à la société publique de consultance Tragsatec pour concevoir une stratégie nationale pour les deux présides occupés Sebta et Mélilia. Ce plan, principalement économique, a commencé à prendre forme en juin et a été jugé urgent, mais l’exécutif a décidé de faire un diagnostic complet des deux villes, qui ne sera pas prêt avant juin 2022.

L’objectif du contrat, comme cela a été annoncé mercredi 15 décembre 2021 à Sebta par le secrétaire d’État à la Politique territoriale, Alfredo Gonzalez, est d’obtenir une analyse détaillée de la situation économique, sociale et démographique des deux villes. Mais aussi d’identifier les investissements, les projets et les sources de financement possibles pour revitaliser deux économies étouffées, entre autres, par la fermeture de la frontière avec le Maroc et la fin de la contrebande jusque-là tolérée. Le ministre Gonzalez a déclaré que toutes les évaluations faites au niveau technique et politique doivent tenir compte de la création d’un «espace de prospérité partagée avec le Maroc», comme pour Gibraltar.

Plans stratégiques
Il est question de discuter si les deux enclaves seront intégrées dans l’espace Schengen ou dans l’Union douanière européenne. Sur ce dernier point, le ministre a été prudent et a déclaré que «le gouvernement doit attendre l’élaboration du plan, mais l’attention y est portée. Ce plan comprend autant d’aspects que possible dans le cadre de la création de zones d’espace de prospérité partagée et dans le cadre de bon voisinage avec le Maroc», a-t-il souligné.

Pour le responsable espagnol, une future zone de prospérité avec le Maroc dans le cadre des plans stratégiques du Gouvernement pour Sebta et Mélilia est compatible avec la suppression de l’exception Schengen. «C’est une règle qui permet aux Marocains des provinces limitrophes de Sebta et Mélilia de ne pas avoir de visa pour accéder au deux villes espagnoles», a ajouté Alfredo Gonzalez.

C’est la première fois depuis des siècles que l’Espagne tente de trouver une solution mutuellement acceptable avec le Maroc au niveau des deux enclaves. Un changement radical qui ne peut passer inaperçu. Le voisin ibérique constate, sans pouvoir agir, la mort économique des deux villes, qui dépendaient de la contrebande, du commerce avec le Maroc ainsi que de l’opération Marhaba. Depuis l’avènement de la pandémie, les autorités marocaines ont arrêté tout trafic, licite ou illicite, entre les villes du nord et les deux enclaves. Une stratégie bien calculée et gagnante.

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