Éric Laurent et Catherine Graciet renvoyés en procès

Chantage envers le Roi Mohammed VI en France

Deux journalistes français, Éric Laurent et Catherine Graciet, accusés de chantage envers S.M. le Roi Mohammed VI, ont été renvoyés en procès. Dans une ordonnance de onze pages, datée du 2 février 2021, les juges d’instruction chargés de cette enquête ont ordonné un procès pour chantage pour Éric Laurent et Catherine Graciet. Ils ont, en revanche, abandonné les poursuites pour extorsion de fonds par menace.

L’affaire avait éclaté pendant l’été 2015, quelques mois avant la parution programmée d’un nouveau livre de ces journalistes sur le Maroc. Le 23 juillet de la même année, Éric Laurent contactait le secrétariat particulier du Roi en vue d’obtenir un rendez-vous, finalement organisé le 11 août dans un palace parisien, avec un émissaire de la monarchie, Hicham Naciri, avocat.

Lors de cette rencontre, M. Laurent annonçait la publication prochaine d’un second tome sur le Roi Mohammed VI, contenant des informations potentiellement embarrassantes pour la monarchie.

Le Royaume, qui a été défendu au cours de la procédure par Eric Dupond- Moretti, désormais ministre de la Justice en France, assure que la proposition émanait du journaliste, qui réclamait trois millions d’euros.

Le 20 août, le Maroc déposait plainte à Paris et une enquête était ouverte. Deux autres rencontres suivaient, le 21 et le 27 août, au cours desquelles la somme négociée était ramenée à deux millions d’euros.

A la sortie de ce dernier rendezvous, les deux journalistes ont été interpellés par la police française en possession de 80.000 euros. Au coeur du dossier figuraient des enregistrements de ces rendezvous effectués par Hicham Naciri, considérés comme une preuve illégale par la défense mais finalement validés par la Cour de cassation au terme d’une longue bataille procédurale.

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