Entretien avec Mohamed Jeaifri, père de Hamza, victime de l'attaque de Smara

"Tout le Maroc porte le deuil de mon fils Hamza"


Mohamed Jeaifri est le père de la victime de l’attaque de Smara, dans laquelle son fils, Hamza Jeaifri, a trouvé la mort. Malgré le deuil, le père de famille a accepté de répondre à nos questions et se confie à Maroc Hebdo sur cet événement qui a secoué le Royaume.

Dans quel état êtes-vous à la suite du décès de votre fils, Hamza Jeaifri, victime d’une attaque terroriste du Polisario?
Nous sommes dévastés. Sa maman et moi vivons l’un des jours les plus sombres de notre existence. Mon fils était un enfant gentil, jeune, il n’a rien demandé. Le Polisario est une organisation terroriste, une organisation criminelle qui ne fait pas la distinction entre les cibles militaires et civiles. Ils ont assassiné mon fils alors qu’il est innocent. Que Dieu les maudisse. Hamza n’a absolument rien à voir avec ce qui se passe au Sahara marocain. Cette nouvelle nous est malheureusement tombée sur la tête de façon brutale. Personne n’aurait imaginé que notre fils soit emporté de cette manière. Nous implorons le bon Dieu pour qu’il offre sa miséricorde à notre enfant.

Auriez-vous un message à transmettre aux autorités marocaines après ce drame?
Je tiens à remercier énormément les autorités qui n’ont pas hésité à m’apporter le soutien dont j’ai besoin dans la période difficile que je traverse. Les autorités locales de la commune, la police nationale, les Forces auxiliaires, les Forces armées royales, toutes ont été là, à l’écoute, leur prise en charge est remarquable. Je suis aussi très reconnaissant aux habitants de la commune de Sidi Yahya El Gharb, des gens magnifiques, qui ont démontré une grande solidarité envers mon fils, qui est aussi leur enfant. Après ce drame, je considère qu’il est le fils de tous mes compatriotes. Tous les Marocains ont été profondément touchés par le décès de mon fils, qu’il s’agisse des locaux ou ceux résidant à l’étranger. Cet assassinat nous touche tous, c’est notre patrie qui est aujourd’hui attaquée.

Vous en voulez au Polisario d’avoir ciblé de sang-froid votre enfant?
Écoutez. Quand bien même cette organisation terroriste assassine des milliers de nos enfants, le Sahara demeurerait marocain, qu’ils le veuillent ou non. Seulement, la seule chose qui me fait mal au coeur, c’est son frère aîné, né en 1998, qui se trouve en France, en situation irrégulière. C’est Hamza qui s’occupait de lui. Maintenant, il est livré à lui-même dans des conditions très préoccupantes. Je suis impuissant devant cette situation. Je n’y peux rien, mais Allah est grand. Je suis très content, toutefois, de votre couverture médiatique. J’aimerai que vous relayez ma souffrance le plus largement possible. Tous les Marocains doivent en être informés et sensibilisés. Le Maroc porte aussi le deuil de mon enfant.

Est-il difficile de faire le deuil après un tel traumatisme?
Je vous avoue que je ne me suis pas encore remis de cette catastrophe. La perte d’un enfant reste toujours un épisode traumatisant pour les parents. Mais je suis fière de mon fils. Aux yeux de sa famille, c’est un martyr. J’appelle les Marocains à rester solidaires, unis, et faire bloc face à nos ennemis. Puisse dieu glorifier et assister Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui oeuvre son relâche en faveur du développement de notre pays. Notre roi et les Forces armées royales font un travail admirable pour protéger notre peuple des terroristes du Polisario. Jamais ces criminelles ne réussiront à nous abattre.

Certains médias ont colporté des informations faisant état de la venue de votre fils pour demander la main de sa future épouse, est-ce vrai?
Cela est totalement faux. Il a passé avec moi une semaine. Ensuite, il m’a informé qu’il souhaitait rendre visite à sa tante, car cela faisait plus de quatre ans qu’il ne l’avait pas vue. Cela lui tenait à coeur car c’est sa tante qui s’est chargée de son éducation. Mon fils n’a que 23 ans, le mariage n’était pas une priorité pour lui. Je ne comprends pas comment des gens peuvent se permettre de raconter des histoires de ce type, ce n’est pas du tout professionnel. Je profite de mon interview dans les colonnes de Maroc Hebdo pour dénoncer les propagateurs de fausses informations. Ce sont des médias ou des individus sur les réseaux sociaux qui exploitent notre malheur. C’est inacceptable.

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