Nombre d'entreprises réclament indûment des aides

SÉPARER LE BON GRAIN DE L’IVRAIE

C’est face à cette situation floue qui profite à certaines entreprises non sinistrées qu’il devient impérieux pour le comité de veille économique d’établir des règles et des critères stricts qui déterminent les bénéficiaires.

Dès l’apparition du premier cas de coronavirus sur son sol, le Royaume a pris des mesures pour limiter l’impact économique de la crise. De plus en plus d’entreprises et de professions réclament plus d’aides. Les autorités ont parié sur des mesures draconiennes afin de maintenir le nombre de personnes infectées le plus bas possible pendant la durée la plus longue possible.

Afin de marquer cette volonté, le Roi Mohammed VI a donné ses instructions pour la création d’un fonds de gestion de la pandémie, doté initialement de 10 milliards de dirhams. Ce fonds sert, outre à financer la mise à niveau du système de santé, à soutenir l’économie nationale. Le comité de veille économique, mis en place pour suivre la situation heure par heure, a pris des mesures pour limiter les dégâts et faciliter la reprise. En plus des départements ministériels concernés, cette nouvelle entité comprend aussi le Groupement professionnel des banques du Maroc, la CGEM, la Fédération des chambres marocaines de commerce, d’industrie et de services, et la Fédération des chambres d’artisanat.

De louables exceptions
Pire, certaines grandes et moyennes entreprises performantes, qui réalisent des chiffres d’affaires et des profits faramineux, ont exploité la situation pour congédier une partie ou la totalité de leurs employés ou en se déclarant sinistrées. Le comble, c’est qu’elles n’ont pas attendu deux ou trois mois (au moins un mois depuis l’annonce de l’état d’urgence sanitaire) pour le déclarer. C’est le cas aussi de certaines professions comme les médecins ou les notaires ou encore les avocats, dont la majeure partie font de grasses recettes mensuelles (il y a bien entendu toujours des exceptions). C’est face à cette situation floue qu’il devient impérieux pour le comité de veille économique d’établir des règles et des critères stricts qui déterminent les bénéficiaires, comme leurs déclarations fiscales.

Fort heureusement, il n’y a pas que les exemples de ceux qui ne sont pas dans le besoin et qui veulent leur part du gâteau. Haj Ali Rahimi est un cas d’école à suivre. Propriétaire de l’hôtel Al Kabir, à Marrakech, il a accordé à ses employés trois mois de salaire tout en les invitant à se confiner. «Il est inadmissible d’abandonner son personnel et de l’inviter à s’inscrire parmi les bénéficiaires des aides et toucher 2000 dirhams alors qu’il avait l’habitude de percevoir 7000 ou 8000 dirhams voire plus.

Comment va-t-il s’en sortir avec ces 2000 dirhams? J’ai envoyé une lettre aux ministres des Finances et de l’Intérieur dans laquelle je leur propose de demander aux banques d’accorder des prêts aux entreprises qui permettent à celles-ci de payer trois mois de salaire à leurs employés, avec un taux réduit et un différé de 1 an. On ferait d’une pierre deux coups. On va permettre une relance rapide de ces entreprises qui vont garder leurs salariés.

Et puis on va permettre aux employés de mener leur vie normalement et de continuer à consommer, de telle sorte qu’on va réactiver le circuit de la machine économique », confie-t-il à Maroc Hebdo. Même si ces lettres n’ont pas trouvé l’écho favorable auprès des autorités, cet opérateur économique s’accroche à sa proposition qui peut faire des émules parmi les entrepreneurs à la fibre patriotique.


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