LES ENTREPRISES PUBLIQUES SOUS LE CHOC

LES EEP DEMANDENT UN SOUTIEN D’URGENCE À L’ÉTAT

Les entreprises et établissements publics ont adressé à l’Etat des demandes de soutien financier dépassant 16 milliards de dirhams, dont 10 milliards de dirhams à caractère urgent et ce, dès 2020.

Lors d’un webinar organisé, le vendredi 19 juin 2020, par l’Ordre des experts comptables (OEC), plusieurs experts et personnalités aussi influentes que Abderrahmane Semmar, directeur des entreprises publiques et de la privatisation (DEPP) au ministère des Finances, Rabie Khlie, directeur général de l’ONCF, et Abdelaziz Talbi ont discuté d’une thème d’une extrême importance par ces temps de crise sanitaire. Thème qui n’est autre que la relance du secteur des EEP.

Lors de cette rencontre, Abderrahmane Semmar n’a pas manqué de révéler que les «EEP ont adressé à l’Etat des demandes de soutien financier dépassant 16 milliards de dirhams, dont 10 milliards de dirhams à caractère urgent et dès 2020.» Soutiens multiformes, allant de la garantie jusqu’à l’injection de capitaux ou de subventions. Et pour cause. Le secteur des EEP, qui a contribué au Fonds Covid-19 par un apport de 9 milliards de dirhams, a subi de plein fouet le choc de la crise. Un choc qui a provoqué parfois, l’arrêt total comme ce fut le cas de la RAM dont la perte mensuelle de chiffre d’affaires est estimée à 1.058 millions de dirhams.


Un accompagnement ciblé
Les EEP les plus impactées ont été justement celles du transport: RAM, ONCF (280 millions de dirhams de perte de chiffre d’affaires mensuelle), ONDA (307 millions de dirhams), ADM (176 millions de dirhams). Pour l’ONEE, il s’agit de 442 MDH par mois. D’autres EEP ont subi un impact dont l’ampleur n’a pas été révélée: SNRT et 2M-Soread (baisse du chiffre d’affaires publicitaire); Marchica Med; SGPTV (société de gestion du port de Tanger ville).

Pendant la crise, l’Etat a assuré un accompagnement ciblé des EEP à enjeux tout en identifiant les impacts et les besoins d’appui gouvernemental (prêt relais, emprunt obligataire, garanties, mobilisation des financements par les actionnaires, cession d’actifs…): RAM, ONEE, ONDA, ONCF… Dans le cadre de l’accompagnement et du soutien aux EEP, M. Semmar n’a pas manqué, également, de rappeler la création du premier fonds de garantie dédié, permettant aux EEP de lever de nouvelles ressources financières nécessaires au renforcement de leurs financements permanents et leur assurer un développement soutenable et durable de leurs activités. Il a annoncé, également, «une réforme institutionnelle du système national de garantie porté par la Caisse Centrale de Garantie (CCG), et dont le texte sera présenté avec le projet de Loi de Finances rectificative », dit-il

Enfin, il a révélé un autre chiffre non moins intéressant: Le «fonds d’investissement public» -dont la création a été annoncée par le ministre de l’économie et des finances, M. Benchaâboun- sera doté d’une enveloppe de 15 milliards de dirhams. Lequel fonds constituera un instrument qui permettra, également dans le cadre du partenariat public privé (PPP), de booster les investissements privés autour de projets viables économiquement et à forte valeur ajoutée avec une déclinaison sectorielle, régionale ou thématique.


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