Concentrations d'entreprises non notifiées: Ahmed Rahhou promet l'amnistie

Le Conseil de la concurrence se dirige vers une amnistie vis-à-vis des opérations de concentration d’entreprises qui ne lui ont pas été notifiées. Son président, Ahmed Rahhou, en a fait lui-même l’annonce lors d’une rencontre tenue ce mardi 31 mai 2022. Objectif affiché: “que la pratique s’arrête rapidement”, comme il l’a lui-même expliqué. Et à l’en croire, le fait de ne pas donner d’alternative aux entreprises incriminées ne fera, au contraire, que la renforcer.

“Nous ne sommes pas seulement à la recherche de coupables, nous recherchons également des solutions,” ambitionne-t-il. Dans le monde des affaires, où les opérations de concentration ont été légion ces dernières années, un grand ouf de soulagement a sans doute dû être poussé suite aux déclarations de M. Rahhou, surtout après avoir été échaudé par la sanction record essuyée le 28 avril 2022 par Sika, leader mondial de production de matériaux de construction, après ne pas avoir notifié fin mai 2020 le Conseil de la concurrence de son rachat de Sodap: au total, le groupe suisse aura à payer plus de 11 millions de dirhams, ce qu’il a accepté sans broncher car il ne pouvait nier avoir été pris en faute. Les autres entreprises qui le seraient également auraient, pour leur part, à payer des montants non moins astronomiques, du fait que les sanctions sont prévues pour atteindre jusqu’à 5% du chiffre d’affaires.

Après des années d’inactivité, n’existant vraiment que sur le papier, le Conseil de la concurrence semble, ainsi, depuis la nomination de M. Rahhou à sa tête en mars 2021, décidé à frapper fort et permettre de mener à bout le chantier de l'assainissement de l’économie nationale, dans l’objectif de convaincre davantage les investisseurs à y mettre leurs billes mais aussi pour des raisons purement objectives comme le fait de protéger les consommateurs. A cet égard, on attend notamment de la direction actuelle qu’elle tranche par rapport aux dossiers des carburants, qui avait suscité une controverse énorme en juillet 2019 au point de nécessiter un arbitrage du roi Mohammed VI et sans doute valoir à l’ancien président, Driss Guerraoui, son départ au profit de M. Rahhou, qui a été PDG de CIH Bank de 2009 à juin 2019, puis ambassadeur, chef de la mission du Maroc auprès de l’Union européenne.