"LES ENTREPRISES AURONT LEUR MOT À DIRE DANS LA RELANCE"

Interview de Ismaïl Lahsini, DG de Mentor

Avec Demary, plateforme mobilisant une centaine de mentors et d’experts en faveur des TPE pour surmonter la crise due au Covid-19, la société Mentor souhaite apporter sa pierre au redressement économique en cours.

Après Financiny fin 2014, vous venez de lancer ce 22 janvier Demary. En quoi les deux projets sont-ils différents?
Demary est plus horizontal que Financiny, en ce sens qu’il ne s’agit pas seulement cette fois d’aider les entreprises à trouver des financements mais de les prendre en main à tous les niveaux. Comment? En leur permettant de bénéficier de l’encadrement de la centaine de mentors et d’experts que nous avons réunis et qui ont accepté de donner de leur temps à ces entreprises sans rétribution en contrepartie. Cela s’inscrit, plus généralement, dans le droit fil de l’élan de solidarité que connaît actuellement notre pays pour faire redémarrer notre économie. Nous voulons être de la partie.

Est-ce à dire que Demary vient d’abord pour répondre aux problématiques posées pour les entreprises par le Covid-19 et plus particulièrement l’état d’urgence sanitaire en vigueur depuis le 20 mars?
Je vous mentirais en vous répondant par l’affirmative, car en fait il s’agit d’un projet que mon associé Mohamed Ben Ouda et moi avions en tête depuis longtemps, et l’entrée en décembre de la société d’investissements Aba Capital dans le capital de Mentor, la société que je dirige et qui est à l’initiative de Demary, nous avait poussés à avancer davantage nos pions, dans la mesure où cette entrée s’était notamment faite sur la base de l’idée du lancement d’une plateforme digitale qui, justement, viendrait en aide aux entreprises -en somme, Demary. Mais le Covid-19, s’il a joué un rôle indéniable, c’est celui de changer la nature du projet et d’en faire un outil bénévole. Notre objectif est de vraiment maintenant, comme je vous l’ai dit, contribuer à notre niveau au redressement économique de notre pays, et, à cet égard, les entreprises auront sans nul doute leur mot à dire.

Vous avez tout à l’heure fait mention des mentors et experts qui participent à Demary. Qui sont-ils?
Ce sont d’abord des gens rompus, ayant cinq ans d’expérience au minimum, mais en dehors de cela les profils sont vraiment différents. On trouve de tout, aussi bien des entrepreneurs, c’est-à-dire des gens qui mettent la main dans le cambouis et connaissent ce que c’est que de diriger une entreprise, que des cadres qui soit sont issus des professions libérales, tels par exemple des avocats, soit sont des directeurs et ont un background en marketing, en ressources humaines, en systèmes d’information, etc. Et nous comptons par ailleurs des partenaires comme l’Association des gestionnaires et formateurs des ressources humaines (AGEF), l’Ordre national des experts-comptables (OEC) et expertes. ma.

Et faut-il être une entreprise déjà établie pour s’enregistrer auprès de Demary?
Absolument pas, même les entreprises en démarrage peuvent s’adresser à nous. Et il ne faut, en outre, pas oublier les autoentrepreneurs, qui eux aussi sont concernés.

On parle souvent d’un manque de culture entrepreneuriale au Maroc. Croyez-vous que cela ait changé?
Nous avons, certes, un long chemin à parcourir encore, on ne peut pas se le cacher, mais je suis confiant. Il y a, à mon sens, indéniablement un changement de paradigme qui est en train d’être opéré, avec notamment l’investissement personnel de SM le Roi Mohammed VI, qui comme vous l’avez vu avait parrainé en début d’année le lancement du programme Intilaka pour faciliter l’accès des jeunes entrepreneurs aux financements. Et surtout, avec le Covid-19, tout le monde se trouve sur un même pied, et c’est donc une fenêtre d’opportunité à mettre à profit.


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