Un enseignement en mal de programme adapté

Les parents inquiets de la baisse du niveau de leurs enfants

Comme les enseignants, les parents d’élèves estiment que le programme scolaire n’est pas adapté à l’enseignement hybride et qu’il doit être revu à la baisse.

Vidéoconférence, plateformes, applications, cours en ligne sont autant d’outils numériques qui ont révolutionné l’apprentissage et assurer sa démocratisation en brisant le problème de la distance. Soit autant d’avantages qui ont permis au système d’éducation privé ou public de s’adapter aux contraintes de la crise sanitaire.

En effet, avec la crise sanitaire Covid-19, la distanciation physique et sociale s’impose comme l’un des gestes barrières essentiels, permettant d’éviter la transmission et la propagation de l’épidémie. L’enseignement présentiel tel qu’il était organisé avant cette crise devient alors problématique. Différentes mesures ont été prises pour y faire face telles que la réduction du nombre des élèves dans les écoles, l’annulation ou l’aménagement de certains services scolaires (cantine, récréation, accueil, sortie scolaire) ou des examens.

Mais, la volonté d’assurer la continuité de l’enseignement et la permanence des activités de formation fait que l’enseignement à distance et non présentiel est revenu en force sur la scène éducative pour s’imposer comme une solution. Par conséquent, à l’instar d’autres pays, le Maroc s’est replié sur l’enseignement à distance pour sauver leur année scolaire.

En vue d’assurer une continuité pédagogique à distance avec un enseignement qui devait être offert à toute la communauté à savoir de très nombreux écoliers, lycéens et étudiants , il a fallu donc mobiliser non seulement le corps enseignant, mais aussi des moyens matériels et produire des programmes pour couvrir tous les différents niveaux d’enseignement tout en faisant faire à un enseignement hybride.

Résultats encourageants
Cependant, en dépit des résultats encourageants et probants obtenus, force est de constater que l’expérience de l’enseignement à distance combiné souvent à l’enseignement en présentiel au Maroc a montré quelques limites, notamment du côté des programmes scolaires mis en oeuvre.

Aussi, à l’expérience, les enseignants comme les parents d’élèves se sont rendu compte que le programme scolaire n’est pas adapté à l’enseignement hybride et qu’il doit être revu à la baisse. Avec la division des classes en deux groupes, une leçon ne peut plus être dispensée en un seul et même cours, mais en deux cours, alors que le programme est resté le même.

Le modèle de l’enseignement hybride ne fait plus ses preuves. Les parents s’inquiètent du niveau scolaire de leurs enfants et craignent que l’année en cours ne leur suffise pas à acquérir les compétences requises et, finalement, que le retard accumulé durant les presque trois mois de confinement, entre mars et juin 2020, s’aggrave davantage.

Contact régulier
«Nous sommes très, très inquiets. Les élèves ne suivent pas les cours convenablement. Tant qu’ils continueront à venir en groupes et en demi-journées, ce système posera problème», estime Mohamed Berazouk, premier vice-président de la Fédération nationale des associations de parents d’élèves (FNAPEM) et président du secteur de Fès. «En temps normal, lorsque les élèves suivent les cours entièrement en présentiel, leur niveau n’est déjà pas très élevé, pour ne pas dire faible. Avec ce système, leurs difficultés ne font que s’aggraver», déplore-t-il.

D’après Mohamed Berazouk, en contact régulier avec les parents d’élèves, ce constat s’applique aussi bien au public qu’au privé, et «sur l’ensemble du territoire, mais plus encore dans les zones rurales». En effet, la FNAPEM constate que les élèves localisés dans les milieux ruraux peinent à accéder aux outils techniques et technologiques nécessaires pour suivre les cours. La fédération craint qu’à terme, le retard y soit plus important encore que dans les zones urbaines.

Mohamed Berazouk juge également inadapté le programme scolaire au vu du contexte d’enseignement actuel. «Il est trop chargé; il n’a pas été adapté au modèle hybride. Les professeurs ne voient leurs élèves qu’une fois par semaine», déplore ce responsable. Sur quoi, alors, seront évalués les élèves s’ils n’ont pas le temps de voir tout le programme ? Comment seront-ils notés ?». Soit autant de questions qui n’ont pas encore de réponses satisfaisantes.


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