L’ENSEIGNEMENT FAIT L’EXCEPTION

LES MARCHÉS, LES CAFÉS, LES COIFFEURS OUVERTS À CASABLANCA

Les parents d’élèves pâtissent, en premier lieu, de cette situation hasardeuse dont l’issue n’est pas connue tant les cas de contaminations augmentent et tant les gouvernants semblent perdre le contrôle de la situation sanitaire.

C’est un dispositif restrictif pour le moins incompréhensible et profondément paradoxal que le gouvernement vient de reconduire à Casablanca. Au moment où les marchés de proximité, les commerces, les cafés, les restaurants et les salons de coiffure sont toujours ouverts, le gouvernement décide, au grand dam des Casablancais, de prolonger la fermeture des écoles. Une décision qui ne repose visiblement sur aucune logique sanitaire sachant que les marchés de proximité, fréquentés par des masses humaines importantes, constituent à coup sûr des terrains fertiles à la propagation rapide du virus. Tout le contraire des écoles, qui ont adopté, pour l’écrasante majorité d’entre elles, un protocole sanitaire strict et rigoureux pour la protection des élèves.

Situation paradoxale
Pourquoi donc le gouvernement s’entête-t-il à maintenir les écoles fermées à Casablanca? S’il est vrai que la situation épidémiologique dans la métropole économique est inquiétante eu égard à la hausse des contaminations et du nombre de morts, il n’en demeure pas moins que la première quatorzaine décrétée dès le 7 septembre 2020 n’a probablement servi à rien. Aussi, le ministère de la santé au même titre que les autorités locales n’ont pour le moment communiqué aucun bilan sur cette période de restrictions et si elle a servi à contenir ou non certains foyers épidémiques.

Ce black-out total au niveau de la communication publique ajoute à la politique d’improvisation dans laquelle se perd le gouvernement. Et ce sont les parents d’élèves qui pâtissent, en premier lieu, de cette situation hasardeuse dont l’issue n’est pas connue tant les cas de contaminations augmentent et tant les gouvernants semblent perdre le contrôle de la situation.

Autre remarque importante et non des moindres: pourquoi les écoles de Casablanca demeurent-elles fermées alors qu’à une dizaine de kilomètres de là, à Bouskoura notamment, les écoles sont ouvertes? Une situation paradoxale que beaucoup de Casablancais ont du mal à digérer. Déprimés, en colère, les parents d’élèves vivent un calvaire indescriptible partagé entre le suivi de leur progéniture perdue dans l’enseignement à distance et leurs préoccupations professionnelles quotidiennes.

Pendant ce temps où les parents sont obligés d’aller au travail au risque d’être licenciés, l’enseignement à distance devient, comme le souligne Maître Kenza Benbrahim Chraïbi, avocate au barreau de Casablanca, un recours inapplicable et une solution très difficile à mettre en place. Cette jeune avocate vient par ailleurs d’introduire un recours judiciaire auprès du tribunal administratif de Casablanca pour faire annuler la décision gouvernementale de fermer les écoles.

Les médecins, parmi eux les pédiatres et les pédopsychiatres, quant à eux, alertent sur les dangers incroyables de la fermeture des écoles sur le niveau des écoliers, qui continue de baisser en l’absence d’un enseignement présentiel, seul moyen éducatif universellement prouvé à même de réparer les insuffisances scolaires des enfants.


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