QUAND L’ENSEIGNEMENT À DISTANCE NOURRIT LA FRACTURE NUMÉRIQUE

THE POLICY CENTER FOR THE NEW SOUTH DE L’OCP DRESSE L’ÉTAT DES LIEUX DU TÉLÉ-ENSEIGNEMENT AU MAROC

Outre les limitations en matière d’accès et d’utilisation au niveau national, la pratique de l’enseignement à distance soulève la présence d’une fracture numérique et sociale.

Afin d’endiguer la propagation du Coronavirus à travers le territoire national, le Maroc s’est retrouvé obligé d’opter pour l’enseignement à distance pour les écoles et les universités. Cette réaction, bien qu’elle permette une réponse d’urgence à la crise, reste faiblement efficace, du fait que le Maroc n’est pas suffisamment armé pour s’orienter vers les alternatives à distance, y compris les alternatives en ligne, télévisées, radios et autres supports. D’un autre côté, ce choix nourrit les craintes de voir se creuser la fracture numérique et les disparités sociales. C’est ce qui ressort d’une récente analyse du Policy Center of The New South, le think tank de l’OCP. Étude qui a fait une évaluation des efforts fournis par le Maroc jusque-là sur ce nouveau mode d’enseignement et établit une série de recommandations pour développer les moyens mobilisés au profit des élèves et des étudiants marocains.

Dysfonctionnements fréquents
En effet, selon cette étude, qui s’intitule «Une école en ligne d’avenir, d’équité et de qualité pour tous: Réflexions autour d’un modèle bien conçu», les élèves et étudiants n’ont pas un accès égal aux ressources et aux possibilités d’apprentissage à distance. Selon l’étude en question, qui cite l’enquête sur l’enseignement PISA 2018 de l’OCDE, «l’accès à l’outil digital se limite au niveau de la maison alors qu’environ la moitié des étudiants ne disposent pas d’ordinateurs portables, tablettes ou de connexion internet. »

De même, 60% n’ont pas d’ordinateurs de bureau, et seulement 24% ont un lecteur ebook. Par ailleurs, les trois quarts des étudiants ont des téléphones portables avec accès à internet. «Si l’accès à l’outil digital à la maison semble limité, sauf pour ce qui est des téléphones portables avec accès à internet, l’utilisation de cet outil l’est encore plus. 49% des étudiants enquêtés déclarent avoir fait usage de la connexion internet, 41% utilisent des ordinateurs portables, ce pourcentage retombe à 34% pour les tablettes, 26% pour les ordinateurs de bureau et seulement 14% en ce qui concerne les lecteurs ebook», précise la même étude.

En plus de ces obstacles en matière d’accès et d’utilisation au niveau national, on relève par milieu de résidence la présence d’une fracture numérique entre le milieu urbain et le milieu rural, mais aussi entre les étudiants selon l’appartenance socio-économique. A titre d’exemple, 67% des étudiants du milieu urbain se dotent et utilisent un téléphone portable avec accès à internet à la maison et 59% se dotent et utilisent une connexion internet, précise-t-on de même source.

Ces proportions sont de l’ordre de 52% et 32%, respectivement, en milieu rural, soit des écarts respectifs de 15% et 27%. Et même ceux qui disposent d’un accès internet rencontrent des dysfonctionnements fréquemment, suite aux insuffisances infrastructurelles. Il est donc fondamental de remédier à ce problème, et en urgence, notamment à travers l’accélération du Plan National de développement du Haut Débit (PNHD) et la consolidation des capacités et le développement du maillage des territoires (urbains et ruraux) en infrastructures télécoms.


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