Quels enseignements peut-on tirer de la crise du COVID-19 ?

La commission spéciale du modèle de développement rencontre la presse

La réflexion menée par les membres de la Commission ne peut faire fi ni de la crise sanitaire actuelle ni de ses conséquences futures sur l’économie et la société marocaines.

La Commission Spéciale du Modèle de Développement (CSMD) a tenu, le mardi 14 juillet 2020, une rencontre en ligne avec la presse pour présenter l’avancement de son travail, son bilan préliminaire ainsi que les principales pistes de réflexion sur lesquelles la commission planche en ce moment.

Depuis le mois de juin 2020, le Roi Mohammed VI lui a accordé un délai supplémentaire de six mois pour intégrer à ses travaux les effets de la crise du Covid-19. La CSMD a, en effet, jusqu’à janvier 2021 pour livrer son rapport final. Pour Chakib Benmoussa, le président de la CSMD, «ce nouveau délai va nous permettre de reprendre les débats et les séances d’écoutes. Et c’est une occasion pour approfondir la réflexion sur plusieurs thématiques du modèle de développement, en y incluant les leçons de la crise et les changements structurels enregistrés sur les plans national et international».

Plusieurs thématiques ont été développées au cours de cette rencontre avec la presse, durant laquelle Chakib Benmoussa et quelques membres de la Commission ont détaillé les premières pistes de réflexion dans cinq domaines principaux, à savoir le volet économique, le capital humain, la solidarité et la protection sociales, la jeunesse et la confiance.

Ainsi, sur le volet économique, Mohammed Fikrat, a rappelé que «malgré les acquis et les efforts de développement réalisés par le pays jusqu’à présent, il y a des efforts à faire pour régler des dysfonctionnements et des faiblesses». Parmi ces dysfonctionnements, il cite, notamment, une croissance qui ne crée pas assez d’emplois et participe parfois à l’aggravation des disparités. Sans oublier un climat des affaires qui souffre de plusieurs faiblesses qui freinent la concurrence. À ces dysfonctionnements, il faut ajouter, dit-il, des poches de corruption qui font obstacles au développement de notre économie, de même que la faiblesse de la réglementation ainsi que celle de l’innovation, la recherche et le développement.

Rôle de l’Etat
«L’ensemble de ces éléments font que la compétitivité de notre économie reste faible en comparaison avec d’autres pays, que ce soit sur le marché régional ou international», explique Fikrat. «C’est que le secteur privé marocain n’est pas assez présent dans l’investissement et se tourne le plus souvent vers des activités de rente avec un gain rapide et qui ne nécessitent pas un grand effort», souligne à juste titre Mohamed Kikrat.

Les prochaines séances d’écoute seront menées dans la région de Beni Mellal. Les concertations reprendront, notamment, avec l’idée de recueillir la vision post-Covid des citoyens, acteurs politiques et économiques. «Cette pandémie a eu un impact sur la vision des populations et leurs priorités dans plusieurs domaines. Durant cette période, des sujets ont été mentionnés avec plus d’importance comme l’enseignement, la santé, la protection sociale, la recherche scientifique, l’industrie nationale, l’importance du rôle de l’Etat, la digitalisation», explique Benmoussa. Dont acte.


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